Efficacité des TCC dans la prise en charge de la douleur chronique non cancéreuse

  • Niknejad B et al.
  • JAMA Intern Med.
  • 7 mai 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Selon une méta-analyse néerlandaise, les interventions psychologiques utilisant les TCC ont un effet bénéfique, quoique modéré, sur les douleurs chroniques. Elles améliorent la douleur, les croyances négatives, ainsi que la gestion de la douleur par le patient. Et les bénéfices semblent plus importants lorsque ces thérapies sont délivrées en groupe plutôt que de façon individuelle. 

Ces résultats soutiennent une approche multimodale dans la prise en charge de la douleur chronique non cancéreuse incluant l’usage des TCC, de préférence par thérapie de groupe, ainsi que la promotion de ces approches non médicamenteuses auprès des sujets âgés. Des travaux sont maintenant attendus pour développer et tester des stratégies susceptibles d’améliorer leur efficacité et leur durabilité.

Pourquoi est-ce important ?

Les douleurs chroniques non cancéreuses sont fréquentes chez les personnes âgées. Leur prise en charge est compliquée par les comorbidités limitant les options thérapeutiques, la crainte des patients concernant les éventuels effets indésirables (EI) ou encore par le profil de sécurité des molécules couramment utilisées. C’est pourquoi un intérêt croissant s’est développé pour les approches non médicamenteuses, et notamment pour les thérapies cognitives et comportementales (TCC). Mais leur bénéfice a été peu étudié chez les sujets âgés. Une équipe néerlandaise a entrepris une revue systématique de la littérature et une méta-analyse pour évaluer de façon objective l’efficacité de ces approches dans cette population.

Résultats

  • Cette méta-analyse a inclus 22 études représentant 2.608 sujets souffrant de douleur chronique. L’âge moyen des participants était de 71,9 ans et 69% d’entre eux étaient des femmes.
  • Les douleurs chroniques avaient des origines diverses : dorsales, articulaires (arthrose, polyarthrite rhumatoïde) ou mixtes… et duraient depuis 16,1 ans en moyenne.
  • La durée moyenne des interventions était de 9,4 semaines correspondant à 8,4 séances en moyenne.
  • Six études ont évalué l’effet des TCC sur la prise de traitement antalgique, mais aucune n’a pu observer de réduction, y compris concernant les traitements opioïdes.
  • L’efficacité des interventions était mesurée en comparant l’évolution de la douleur depuis l’inclusion jusqu’à la fin du traitement entre les groupes intervention et contrôle (différences entre les variations standardisées moyennes, ou dD).
  • Les détaient de -0,181 (p=0,006) pour l’intensité de la douleur, de -0,133 (p=0,12) pour l’interférence de la douleur sur la vie quotidienne, -0,128 pour les symptômes dépressifs (p=0,14), -0,205 (p=0,09) pour l’anxiété, -0,184 (p=0,046) pour les croyances négatives, +0,193 (p=0,02) pour la capacité des patients à gérer leur douleur, +0,006 (p=0,96) pour le fonctionnement physique et +0,160 (p=0,24) pour la santé physique.
  • L’effet du traitement sur l’intensité de la douleur se maintenait à 6 mois après la fin de l’intervention (dD-0,251 (p=0,002).
  • Parmi les différentes variables analysées, seul le mode de thérapie (en groupe plutôt qu’individuel) montrait un effet en faveur de l’intervention. Le sexe, l’âge et la durée des douleurs ne semblaient pas impacter les bénéfices de l’intervention.

Méthodologie

Les essais randomisés ayant évalué des TCC seules ou en complément d’autres stratégies pour soulager des douleurs chroniques chez des sujets de 60 ans ou plus (hors douleurs cancéreuses ou céphalées) souffrant depuis au moins 3 mois ont été recherchés dans différentes bases de données.

Limitations

Les populations étudiées étaient pour la plupart caucasiennes et comportaient peu de sujets du 4âge (environ 72 ans en moyenne). L’intensité et la durée des interventions étant assez homogènes, il n’était pas possible d’évaluer un éventuel effet dose-réponse, ni un effet au-delà de 6 mois.