Efficacité des anti-TNF : est-ce vraiment une histoire de sexe ?

  • van der Horst-Bruinsma I & al.
  • Rheumatol Ther

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’efficacité des médicaments biologiques pourrait être plus faible chez les femmes que chez les hommes. Partant de ce postulat, des chercheurs ont évalué l’efficacité d’un anti-TNF, le sécukinumab, en fonction du sexe, chez des patients souffrant de spondylarthrite ankylosante (SpA) à partir de 5 études de phase 3. Les conclusions de ce travail montrent que l’efficacité du secukinumab à 52 semaines chez l’homme et la femme dépendrait des critères de mesure choisis. 

  • Il n’y aurait pas d’impact significatif du sexe sur la réponse au traitement si l’on considère la réponse ASAS40 ou la modification du score BASDAI. 
  • En revanche, une proportion significativement plus importante d’hommes que de femmes avaient une maladie inactive selon l’ASDAS-CRP.

Les chercheurs évoquent qu’une différence de réponse immunitaire, d’hormones sexuelles et de prédisposition génétique pourraient contribuer à la différence de réponses au traitement. Les conclusions de ces analyses post-hoc nécessiteraient d’être confirmées par d’autres investigations pour vraiment y voir clair sur l'impact du sexe et des critères d'évaluation choisis sur l'efficacité du sécukinumab.

Méthodologie

Les données de cinq études de phase 3 ayant évalué l’efficacité du secukinumab durant 52 semaines chez des hommes et des femmes atteints de SpA ont été analysées. 

Plusieurs score d’activité de la SpA ont été considérés : le Bath Ankylosing Spondylitis Disease Activity Index (BASDAI), l’Assessment of Spondyl Arthritis international Society (ASAS), notamment ASAS40 (amélioration du ≥40% de l’évaluation globale du patient), et l’inactivité de la maladie via l’Ankylosing Spondylitis Disease Activity Score contenant la protéine C réactive (ASDAS-CRP).

Principaux résultats

Les données de 1.031 hommes et 396 femmes ont été incluses dans les analyses. Le taux d’arrêt de traitement – principalement lié aux effets indésirables - était plus élevé chez les femmes (12,3% versus 8,4%).

À l’inclusion, les hommes étaient plus susceptibles d’être fumeurs que les femmes. Les hommes avaient également plus souvent déjà été traités par anti-TNF et avaient un taux de CRP-hs plus élevé que les femmes. Les distances mur-occiput et mur-tragus étaient plus importantes chez les hommes que chez les femmes. Alors que le score d’enthéses MASES (Maastricht Ankylosing Spondylitis Enthesistis Score) était en revanche plus élevé chez les femmes que chez les hommes.

Une proportion comparable d’hommes et de femmes a obtenu une réponse ASAS40 à la 16e semaine sous sécukinumab. Cette réponse s’est maintenue ou améliorée chez les hommes et les femmes à la 52esemaine. Une tendance similaire de diminution des scores moyens BASDAI a été observée. 

En revanche, le taux de sujets ayant une maladie inactive à 52 semaines selon l’ASDAS-CRP était significativement plus important chez les hommes que chez les femmes (odds ratio 1,70, p=0,002).

Principales limitations

Analyses post-hoc.

Financements

Cette étude a été financée par Novartis Pharma.