Efficacité de la buprénorphine SC mensuelle dans le traitement des addictions aux opioïdes

  • Haight BR & al.
  • Lancet
  • 23 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le Lancet publie l’étude de phase 3 ayant permis à la formulation mensuelle de buprénorphine à action prolongée SC (Sublocade ® ) d’être enregistrée aux États-Unis dans le traitement des troubles d’usage modéré à sévère des opioïdes . Il a permis d’obtenir un taux de patients abstinents à 4 mois de 41,3% et de 42,7% pour deux schémas posologiques différents de buprénorphine SC (300 mg/mois durant les 2 premiers mois puis 300 mg ou 100 mg) contre seulement 5,0% des patients sous placebo (p

Le suivi de la tolérance a permis de montrer un profil conforme à celui d'autres produits à base de buprénorphine. Néanmoins, des réactions au site d'injection, principalement bénignes, ont été rapportées chez 6 à 10% des patients traités par le principe actif.

La procédure d’évaluation du médicament est actuellement en cours au niveau européen.

Interprétation et implications cliniques

La buprénorphine atténue les signes et symptômes de sevrage aux opioïdes. Une concentration plasmatique de buprénorphine SC à libération prolongée égale ou supérieure à 1 ng/mL offre un taux d'occupation ≥50% des récepteurs μ aux opiacés cérébraux, tandis qu’une concentration de 2 à 3 ng/mL permet d’atteindre un taux d'occupation ≥70–80%. Ce dernier taux d’occupation pourrait faciliter l’abstinence tout en réduisant les besoins impérieux et les symptômes de sevrage. Il correspond au taux cible visé dans cet essai.

Méthodologie

  • L’étude multicentrique de phase 3 a recruté 504 adultes (18-65 ans) présentant un trouble d’usage des opioïdes modéré à sévère. Les sujets présentant parallèlement un trou ble modéré ou sévère lié à la consommation d'alcool, de cocaïne ou de cannabis ont été exclus.

  • Une période ouverte a été menée durant 2 semaines par un traitement sublingual de buprénorphine-naloxone pour atteindre une posologie quotidienne comprise entre 8/2 mg et 24/6 mg.

  • Les patients étaient ensuite randomisés entre trois bras : buprénorphine 300 mg/injection mensuelle durant 6 mo is (BUP300/300), buprénorphine 300 mg/injection mensuelle durant 2 mois suivi par 100 mg/mois durant 4 mois (BUP300/100), ou un placebo. Ils bénéficiaient également de rendez-vous individualisés de conseils sur les toxicomanies.

Principaux résultats

  • Au total, 201 et 203 patients ont intégré les groupes BUP300/300 et BUP300/100, tandis que 100 ont intégré le groupe placebo (moyenne d’âge 39 à 40 ans, 65 à 67% d’hommes). L’ancienneté de la consommation d’opioïdes était comprise entre 11 et 12 ans selon le groupe.

  • Au total, 64% et 62% des 203 participants des groupes BUP300/300 et BUP300/100 ont terminé l’étude contre 34% de ceux du groupe placebo.

  • Le pourcentage d'abstinents entre les semaines 5 à 24 (critère principal d’évaluation) était en moyenne de 41,3% et de 42,7% dans les groupes BUP300/300 et BUP300/100 contre 5,0% dans le groupe placebo, soit une différence significative pour les deux posologies (p vs 2%).

  • La concentration plasmatique moyenne de buprénorphine à l’issue du traitement était de 6,54 ng/mL et de 3,21 ng/mL dans les groupes BUP300/300 et BUP300/100.

  • En termes de tolérance, les principaux effets secondaires étaient les céphalées (8% et 9% vs 6%), la constipation (8% et 9% vs 0%), les nausées (8% et 9% vs 5%) et le prurit au site d’injection (9% et 6% vs 4%).

Financement

L’étude a été sponsorisée par Indivior.