Efficacité de l’omadacycline dans les pneumonies bactériennes communautaires


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

L’étude OPTIC a confirmé la non-infériorité et la sécurité de l’omadacycline versus la moxifloxacine dans le traitement de la pneumonie aiguë communautaire (PAC) chez les adultes.

Il s’agit d’un nouvel antibiotique de type aminométhylcycline, dérivé des tétracyclines, dont l’activité a été démontrée in vitro vis-à-vis de plusieurs bactéries responsables de pneumonies bactériennes communautaires : S. pneumoniae, H. influenzae, Staphylococcus aureus, Legionella pneumophila, Mycoplasma pneumoniae et Chlamydia pneumoniae.

Il a été enregistré par la FDA en octobre 2018 dans le traitement des PAC et dans celui des infections de la peau et des tissus mous. La demande d’avis est en cours auprès de l’EMA.

Méthodologie

  • Les patients recrutés devaient être adultes et présenter des signes cliniques de PAC. Ils ont été randomisés (1:1) entre 7 à 14 jours d'omadacycline (100 mg IV toutes les 12 heures à J1, puis 100 mg/j IV, avec la possibilité de passer à 300 mg/j p.o. après ≥3 jours) ou de moxifloxacine (400 mg/j IV, avec la possibilité de passer à 400 mg/j p.o. après ≥ 3 jours).

  • Le critère principal de réponse clinique précoce (dans les 3 à 6 jours après la première administration) correspondait à une amélioration d’au moins 2 des symptômes associés à la PAC (toux, expectorations, douleur thoracique, dyspnée sur une échelle en 4 grades allant de l’absence de symptômes jusqu’au symptômes sévères), sans aggravation des autres symptômes et sans recours à une autre antibiothérapie.

Principaux résultats

  • Au total, 386 patients sous omadacycline et 388 sous moxifloxacine ont été inclus dans l’analyse en intention de traiter (ITT). L’âge moyen était de 62 ans, 41,9% et 20,4% des patients étaient âgés de plus de 65 ans ou 75 ans respectivement, et 85,4% avaient un score de sévérité PSI (Pneumonia Severity Index) de classe III ou IV.

  • L’agent pathogène, identifié chez 49,9% des patients en ITT, était principalement M. pneumoniae, puis S. pneumoniae, L. pneumophila, C. pneumoniae et H. influenzae (33%, 20%, 19%, 15%, 12%). La concentration minimale inhibitrice (CMI90) moyenne était comprise entre 0,06 mg/L et 2 mg/L.  La durée moyenne de traitement IV et de traitement global était respectivement de 5,7 jours et 9,6 jours dans les deux groupes. Une transition du traitement IV au traitement oral a été envisagée chez 77,2% et 75,8% des deux groupes respectivement.

  • L’omadacycline est apparue non inférieure à la moxifloxacine sur le critère principal avec 81,1% et 82,7% de réponse clinique précoce respectivement en ITT (différence : -1,6 points [-7,1 à 3,8]) et 86,5% et 87,2% (différence :−0.7 points [−5.7 à 4.3]) en analyse per protocol (PP) (marge de non-infériorité de 10%. Les échecs thérapeutiques représentaient 6.2% et 5.2% des cas respectivement. La réponse clinique concernait, elle, 87,6% contre 85,1% des patients en ITT et 89,2% contre 87,4% en PP.

  • En termes de tolérance, les événements indésirables ont concerné 41,1% des patients sous omadacycline et 48,5% de ceux sous moxifloxacine, avec des événements principalement gastro-intestinaux (10,2% et 18,0% respectivement). Au total, 12 décès ont été recensés et concernaient des plus de 65 ans (8 et 4 respectivement, pour cause de progression, pathologie pulmonaire sous-jacente, pneumonie nosocomiale, évènement cardiovasculaire ou cancer).

Financement

L’étude a été financée par Paratek Pharmaceuticals.