Efficacité de l’alirocumab dans la prévention cardiovasculaire secondaire post-SCA

  • Schwartz GG & al.
  • N Engl J Med
  • 7 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Par rapport au placebo, l’alirocumab offre une diminution de 15% de la survenue des évènements cardiovasculaires (décès par cardiopathie ischémique, IDM non fatal, AVC fatal ou non fatal, angor instable nécessitant une hospitalisation) chez des patients dyslipidémiques à haut risque ayant subi un syndrome coronarien aigu (SCA) dans l’année précédente (incidence : 9,5 vs 11,1%, HR : 0,85). Ce bénéfice était surtout observable pour les sujets qui présentaient les taux de LDL-c les plus élevés à l’inclusion malgré un traitement hypolipémiant.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’alirocumab, anticorps anti-PCSK9, a montré son efficacité sur la réduction du taux de LDL-c et dans la prévention des événements cardiovasculaires des patients coronariens stables (essai FOURIER), mais il n’avait pas encore été étudié en prévention secondaire des évènements ischémiques post-SCA chez des sujets dyslipidémiques à risque de récidives.

Méthodologie

  • L’étude ODYSSEY OUTCOMES est une étude multicentrique (1.315 centres dans 57 pays) randomisée en double aveugle qui visait à comparer l’alirocumab au placebo en prévention secondaire des évènements cardiovasculaires : les patients inclus devaient avoir eu un SCA dans les 1 à 12 mois précédant l’inclusion et devaient présenter des taux lipidiques spécifiques (LDL-c≥70 mg/dL, HDL-c≥100 mg/dL, apoB≥70 mg/dL) sous traitement par atorvastatine ou rosuvastatine à la posologie maximale ou maximale tolérée.

  • La randomisation a été menée (1:1) entre un traitement par alirocumab 75 mg et un traitement par placebo administrés toutes les deux semaines. Le protocole prévoyait un ajustement en aveugle des doses d’alirocumab afin d’atteindre une cible de LDL-c comprise entre 25-50 mg/dL. Ceux qui restaient durablement sous un taux de 15 mg/dL étaient switchés en aveugle vers le bras placebo.

Principaux résultats

  • L’étude a recruté 18.924 patients (moyenne 58 ans, 25% de femmes) répartis entre les deux groupes.

  • Après un suivi médian de 2,8 ans, la survenue du critère d’évaluation composite principal (décès par cardiopathie ischémique, IDM non fatal, AVC fatal ou non fatal, angor instable nécessitant une hospitalisation) était de 9,5% dans le groupe traité, contre 11,1% sous placebo (HR 0,85 [0,78-0,93], p100 mg/dL).

  • Afin de prévenir la survenue d’un évènement du critère composite principal d’évaluation, il était nécessaire de traiter 49 patients durant 4 années, ou seulement 16 patients dans le groupe de ceux présentant un taux de LDL-c initialement élevé (≥100 mg/dL).

  • La survenue de plusieurs critères secondaires, dont les évènements liés à la coronaropathie ischémique et les évènements coronariens majeurs, étaient également moins fréquentes sous alirocumab que sous placebo

  • Le taux global d’évènements indésirables était identique dans les deux bras de l’étude (75,8 vs 77,1%), avec toutefois un taux de réactions au site d’injection plus élevé dans le bras alirocumab (3,8 vs 2,1%).

  • Durant le suivi en intention de traiter, le taux de LDL-c augmentait dans les deux bras au cours du suivi (40, 48 et 66 mg/dL à 4, 12 et 48 mois sous alirocumab contre 93, 96 et 103 mg/mL sous placebo), ce qui découlait à la fois des arrêts prématurés du traitement, des changements de groupe impliqués par l’ajustement du traitement au taux de LDL-c ou par l’apparition d’anticorps neutralisants.