Effet probable des polluants atmosphériques sur le cycle menstruel


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Les effets nocifs de la pollution atmosphérique sont bien documentés sur les systèmes cardio-vasculaire et respiratoire et probables sur le développement fœtal et le risque de prééclampsie. Quelques travaux ont suggéré que les polluants atmosphériques pourraient altérer la régulation de l’ovulation par l’axe hypothalamo-hypophysaire. Une équipe Inserm/CNRS/Université de Grenoble a cherché à préciser leur éventuel impact sur le cycle menstruel et l’ovulation.

Pour cela, elle a recruté 184 femmes volontaires ayant participé à l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France (2007-2009). Ces femmes n’utilisaient pas de contraception hormonale. Elles ont accepté de recueillir leurs urines tous les un ou deux jours pendant la durée d’un cycle menstruel afin qu’y soient mesurés les composants hormonaux témoins du déroulement de ce cycle. Par ailleurs, les niveaux de pollution atmosphérique (dioxyde d’azote – NO2 – et particules fines – PM10) à leur domicile ont été évalués pendant 30 jours avant le début de ce cycle, via les informations fournies par le réseau des stations de mesure.

La phase folliculaire s’est accrue en moyenne de 0,7 jours [IC95%: 0,2-1,3] pour chaque augmentation de 10 µg/m 3 de la concentration en NO2 et de 1,6 jours (IC95%: 0,3-2,9) pour chaque augmentation de 10 µg/m 3 de la concentration en PM10. En revanche, aucune association significative avec la durée de la phase lutéale et du cycle complet n’a été mise en évidence.

La perturbation du cycle menstruel par des polluants atmosphériques est donc probable. Rémy Slama, directeur de l’étude, en conclut : « Il s’agit de travaux originaux qui génèrent une hypothèse nouvelle. Il faudra probablement un certain temps pour l’infirmer ou la confirmer sur de plus grands échantillons de population, étant donné le coût et l’effort que représentent de telles études. »