Édulcorants sans sucre : quel est leur réel impact sur la santé ?

  • Toews I & al.
  • BMJ
  • 2 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une revue systématique de la littérature a identifié les études ayant évalué l’impact d’une consommation importante d’édulcorants sans sucre par rapport à une consommation faible ou à l’absence de consommation d'édulcorants. Les critères d’évaluation étaient les suivants : le poids, l’IMC, le contrôle glycémique, la santé buccale, le comportement alimentaire, la préférence pour le goût sucré, l’incidence de l’asthme, des allergies, des maladies cardiovasculaires, des cancers, des maladies rénales chroniques, l’humeur, le comportement et la cognition. Les résultats ont montré un léger bénéfice sur le poids et l’IMC de la consommation d’édulcorants par les adultes, mais avec un niveau de preuve limité. Aucune autre différence statistiquement ou cliniquement significative n’a été mise en évidence entre les différents groupes évalués. Cependant, peu d’études ont été identifiées pour chacun des critères de suivi et la plupart incluaient peu de sujets, étaient plutôt de courte durée et étaient de faible qualité méthodologique. Ainsi, cette revue systématique met surtout en évidence qu’il existe encore peu de données permettant de définir les bénéfices et/ou impacts délétères des édulcorants sans sucre sur la santé. Des études de bonnes factures sont souhaitées pour lever ces doutes.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Remplacer les sucres simples (monosaccharides et disaccharides) par des édulcorants sans sucre pour un bénéfice sur la santé, notamment une perte de poids, reste un concept fortement ancré dans les esprits. Certaines études ont suggéré qu’il y avait une association entre la consommation d’édulcorants sans sucre et la survenue d’un diabète, la prise de poids, le cancer ou la santé buccale. Cependant, il faut bien admettre que les données de la littérature sur les bénéfices de ces produits sur la santé sont limitées et pas toujours de bonne qualité. 

Méthodologie

Cette revue systématique de la littérature a suivi la méthodologie standard des revues Cochrane. Les études éligibles devaient avoir inclus des adultes ou des enfants sains présentant ou non un surpoids ou une obésité. La méthodologie de ces études devait permettre une comparaison directe entre l’absence de consommation d’édulcorants sans sucre ou une consommation faible et une consommation importante de ces produits durant au moins 7 jours.

Principaux résultats

Un total de 56 études pertinentes (dont 35 études observationnelles, 17 études randomisées et contrôlées) ont été identifiées et intégrées à cette revue.

Chez l’adulte, un léger bénéfice en faveur de la consommation d’édulcorant sans sucre a été mis en évidence sur l’IMC (différence moyenne de -0,6 [-1,19 à -0,01] dans 2 études, n=174) et sur la glycémie à jeun (-0,16 mmol/L [-0,26 à -0,06] dans 2 études, n =52), mais avec un niveau de preuve très limité. De même la consommation d’édulcorants en faible quantité pourrait être associée à une faible perte de poids (-0,09 kg [-0,26 à -0,05], dans une étude, n=17.934) par rapport à une consommation importante ; mais là aussi le niveau de preuve associé est très faible.

Pour tous les autres paramètres évalués, aucune différence significative n’a pu être mise en évidence entre la consommation ou non d’édulcorants sans sucre, ou entre leur forte consommation et une faible consommation.

Aucune preuve d’effet des édulcorants sans sucre n’a pu être mis en évidence chez les adultes ou les enfants en surpoids ou obèses cherchant à perdre du poids. 

Financements

Étude financée par l’OMS en préparation des recommandations sur la consommation des édulcorants sans sucre.