Edulcorants, la pilule amère !

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Les édulcorants artificiels non caloriques (E) sont parmi les additifs alimentaires les plus utilisés dans le monde. Leur consommation est généralement considérée sans risque notable et parfois même bénéfique à cause de l'absence d'apport calorique. Toutefois les études faites dans ce domaine sont souvent contradictoires : certaines associent les E à une perte de poids et à un bénéfice tandis que d'autres les associent à l'obésité et au diabète. Ceci est dû à la difficulté que pose dans l'interprétation des résultats le fait que les utilisateurs privilégiés de ces produits sont souvent déjà obèses et/ou diabétiques.

L'objectif de cette étude de Suez et coll. publiée dans « Nature », était d'évaluer, par une série d'expériences, l'impact et le mécanisme d'action des différents E sur le métabolisme du glucose chez la souris et chez l'homme.

Pour cela ils ont procédé par étapes en essayant de répondre à plusieurs questions successives :

1. Quel est l'effet des différents E sur le métabolisme du glucose chez la souris ?

Les auteurs ont fait boire pendant 1 semaine (avec leur régime habituel riche en graisse) à 6 lots de souris âgées de 10 semaines les solutions suivantes :
- Eau + saccharine ou + sucralose ou + aspartam (les 3 lots avec intervention).
- Eau seule ou de l'eau + glucose ou + sucre ordinaire (les 3 lots contrôles).
Les résultats montrent qu'au bout de cette semaine, la tolérance au glucose (TG) des 3 lots qui n'ont pas consommé des E n'a pas changé tandis que les 3 lots qui ont reçu des E ont tous développé une intolérance au glucose (IG) (p < 0,001), la saccharine ayant eu l'effet le plus marqué.

2. Les effets sur le métabolisme du glucose sont-ils dus à des perturbations induites par les E dans le microbiote intestinal ?

Cette hypothèse de travail a été retenue pour 2 raisons :
- Les E traversent le système intestinal sans être digérés et entrent en contact avec le microbiote intestinal ; ils peuvent ainsi l'influencer.
- Des études chez l'homme ont montré que le microbiote intestinal pouvait jouer un rôle dans la régulatio...