Eczéma de contact : le rôle clef des lymphocytes T mémoire résidents


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Une équipe de chercheurs associant l’INSERM, l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’École normale supérieure de Lyon et le CNRS s’est intéressée au rôle joué par les lymphocytes T mémoire résidents (TRM) CD8+ dans la sévérité et la chronicisation de la dermite de contact allergique (ou eczéma de contact) dans un modèle murin (souris). Ils permettent une réponse immunitaire secondaire rapide et efficace contre les allergènes déjà rencontrés.

Chez les sujets ayant une dermite de contact, ils persistent dans la zone de contact pendant plusieurs semaines, alors que la lésion semble guérie. En cas de nouveau contact avec l’allergène, ils prolifèrent et donnent une réponse immunitaire sans avoir recours aux lymphocytes T circulants.

Les chercheurs ont constaté qu’ils exprimaient un ensemble spécifique de récepteurs checkpoints inhibiteurs (récepteurs régulant l’activité des lymphocytes par un mécanisme de rétroaction négative), dont des récepteurs PD-1 et TIM-3. Ces récepteurs empêchent la réaction immunitaire d’être excessive. En effet, lorsqu’ils sont inactivés par des molécules antagonistes, les lésions eczémateuses sont considérablement plus étendues et sévères.

Enfin, les chercheurs ont constaté que l’allergène lui-même restait dans l’épiderme bien plus longtemps que ce qui était estimé jusqu’à présent, ce qui pourrait expliquer la longue présence de ces TRM spécifiques à l’allergène.

Ils concluent que ces TRM sont un élément clef dans la physiopathologie de l’eczéma de contact et pourraient constituer une cible thérapeutique privilégiée.