ECTRIMS : Le natalizumab pourrait être poursuivi durant la grossesse

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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Planifier une grossesse en cas de Sclérose en plaques (SEP) peut influencer considérablement le choix thérapeutique. Concernant le natalizumab, il est apparu clairement que la suspension du traitement peut entraîner une aggravation spectaculaire de la maladie. Les études pharmacologiques ont montré qu'il faut 8 à 12 semaines pour que les effets du natazilumab sur les cellules immunitaires périphériques diminuent et 16 semaines pour que les taux reviennent au niveau de celui des patients non traités. Ainsi, les femmes qui reçoivent leur dernière perfusion de natalizumab après leurs dernières règles (plutôt qu'avant) ont un risque de rechutes réduit d'un facteur 3 durant la grossesse. Une étude allemande prospective a même montré que la poursuite du traitement jusqu'à la 30ème semaine pourrait être une option intéressante, du moins lorsque la maladie n'est pas agressive. Cependant, le risque fœtal n'est pas nul.

Une équipe italienne menée par Doriana Landi (Rome) a tenté d'approfondir la question à partir des données concernant une centaine de grossesses dont 31 au cours desquelles le natalizumab a été arrêté avant la conception (70 jours en moyenne), 30 où il a été arrêté dans les 3 mois qui suivaient les dernières règles (21 jours en moyenne) et 28 où il a été poursuivi au-delà des 90 jours (189 jours en moyenne). Les résultats montrent une réduction nette du taux annualisé de rechute lorsque le traitement est poursuivi (1,06, 0,49 et 0,09 respectivement), sans dommage majeur pour le fœtus en dehors d'une augmentation des anémies (possiblement liée à la prématurité plus fréquente dans ce groupe). Ces données confirment ce qui était attendu et vont dans le sens de l'étude allemande précitée. Elles laissent supposer l'intérêt de la poursuite du natalizumab durant la grossesse.