ECE : Syndrome des ovaires polykystiques : quoi de neuf pour rétablir une fertilité acceptable ?

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), affection fréquente marquée par une absence d'ovulation ou une ovulation sporadique provoquant des cycles irréguliers, des taux élevés d'androgènes et une hypertrophie des ovaires marquée par la présence de nombreux follicules kystiques, est à risque majeur de développer des affections métaboliques ou cardio-vasculaires, notamment du fait d'une insulinorésistance marquée. C'est dans ce cadre que la metformine est fréquemment proposée chez les femmes ayant ce syndrome, un IMC >25 kg/m² et un diabète ou un prédiabète lorsque les règles hygiéno-diététiques sont insuffisantes. Cependant, l'intérêt de ce traitement à long terme n'est pas connu. Un manque comblé par le suivi à 10 ans effectué par une équipe slovène sur 180 patientes remplissant ces critères et qui ont reçu de la metformine à raison de 1000 mg deux fois par jour. A noter que 60 % des femmes ont suivi ce traitement durant au moins 5 ans et 18 % seulement durant les 10 années de suivi.

Après un an (87 % des femmes), le poids a été réduit de 4,1 kg en moyenne (cette réduction restant stable chez les femmes qui sont allées au bout de l'étude). Dans le même temps, la fréquence des menstruations est passée de 7,5 à 10,7/an (p
La même auteure rappelait dans une autre session que chez les femmes avec réponse insuffisante à la metformine l'avenir pourrait passer par l'adjonction d'antidiabétiques agissant sur la GLP-1, qu'il s'agisse d'inhibiteurs de la DPP-4 ou d'agonistes de la GLP-1 qui ont montré dans des études précliniques une influence positive sur les paramètres métaboliques et reproductifs (2).

Une autre étude présentée à ce même ECE par Alice Bougrany (INRA Centre Val de Loire à Nouzilly)(3) a montré la faisabilité et la sécurité d'un nouveau dispositif transvaginal de « forage » ovarien grâce à un générateur de radiofréquence, ce forage étant pour l'instant le traitement de deuxième ligne après citrate de clomiphène pour l'infertilité anovulatoire de ce syndrome. Ce cathéter permettant une ablation de 4-6 follicules/ovaire a pu être introduit sur modèle animal (13 vaches) sans douleur apparente ni effets secondaires, avec une réduction de l'ordre de 5,20 à 5,74 % en moyenne du volume ovarien. Les lésions thermiques observées sont restées confinées aux zones d'ablation et une récupération tissulaire complète a été observée après 36 et 72 jours. Enfin, tous les animaux traités ont conservé un cycle normal sans arrêt de la folliculogenèse ni du développement du corps jaune. Ces résultats permettent d'envisager une investigation plus poussée chez la femme avec syndrome des ovaires polykystiques pour étudier l'efficacité de la méthode en termes d'induction de l'ovulation.