ECE : Le diabète de type 1 est un facteur de risque majeur de présenter une autre maladie auto-immune endocrinologique

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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Les maladies auto-immunes tendent à coexister chez les mêmes sujets. Elles sont aussi plus souvent présentes chez les femmes que chez les hommes et d'incidence variable selon les régions. Ainsi, la Finlande a la plus forte incidence de diabète de type 1. Cependant, la coexistence de maladies auto-immunes et l'excès de risque par rapport à des individus sans diabète est inconnu dans cette population. Ce qui a conduit une équipe d'endocrinologues de l'université d'Helsinki à comparer la proportion d'hypothyroïdie auto-immune, d'hyperthyroïdie, de maladie d'Addison et de maladie cœliaque chez les adultes en Finlande avec ou sans diabète de type 1.

L'étude comprenait 4 758 patients atteints de diabète de type 1 issus de l'étude Finnish Diabetic Nephropathy (FinnDiane). Pour chaque patient souffrant de diabète, trois individus témoins non diabétiques, ont été appariés selon le sexe, l'âge et le lieu de résidence au cours de l'année du diagnostic du diabète, au départ du Finnish Public Register, soit au total 12 710 contrôles. Les maladies auto-immunes ont été identifiées en reliant les données aux registres de santé nationaux finlandais tels que le registre finlandais des soins de santé (données disponibles pour les années 1970-2015), le registre national finlandais de remboursement des médicaments (disponible pour 1965-2015) et le registre des ordonnances pharmaceutiques (disponible pour les années 1993-2015). L'âge médian des patients de FinnDiane à la fin du suivi en 2015 ou à leur décès était de 51,4 ans. La maladie auto-immune supplémentaire la plus répandue était l'hypothyroïdie (trois fois plus fréquente chez les patients atteints de diabète de type 1 comparativement aux témoins) : 18,1 % contre 6,0 %. L'hyperthyroïdie était présente chez 2,4 % des patients comparativement à 0,8 % chez les contrôles, soit un risque 2,9 fois plus élevé. La maladie d'Addison était, quant à elle, 24 fois plus fréquemment observée chez les patients atteints de diabète de type 1 : 0,38 % contre 0,016 %. Le risque de maladie cœliaque était de son côté 4,4 fois plus élevé chez les patients : 4,4 % contre 0,99 %. Les femmes avaient un risque plus élevé pour toutes les maladies auto-immunes que les hommes : 2,5 fois plus de risque d'hypothyroïdie, 2,8 fois plus d'hyperthyroïdie, 2,2 fois plus de maladie d'Addison et 1,5 fois plus de maladie cœliaque.

Enfin, 21,6 % des patients atteints de diabète ont eu au moins une maladie auto-immune supplémentaire et 2,9 % au moins deux maladies auto-immunes supplémentaires alors que, dans la population contrôle, on a constaté une maladie auto-immune chez 7,3 % des sujets tandis que 0,6 % d'entre eux en présentaient deux. L'âge médian au diagnostic de l'hypothyroïdie était plus faible chez les patients atteints de diabète : 41,0 ans, que chez les témoins : 48,0 ans (p In fine, cette étude est la plus vaste jamais effectuée pour quantifier le risque de maladie auto-immune coexistante chez les personnes adultes atteintes de diabète en Finlande, le pays avec la plus forte incidence de diabète de type 1. Ces résultats soulignent également l'importance du dépistage d'autres maladies auto-immunes, si le patient présente de nouveaux symptômes.