ECCMID : Quelle prise en charge des migrants vis-à-vis des maladies infectieuses en France ?

  • Dr Muriel Macé

  • JIM Actualités des congrès
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Jusqu'à ce jour, aucune recommandation française n'existe concernant la prise en charge des migrants à leur arrivée sur le territoire au regard des maladies infectieuses.
D'où l'intérêt de cette étude, réalisée de 2016 à 2018, qui a évalué les pratiques des cliniciens via un auto-questionnaire, auquel ont répondu 366 médecins âgés de 42 ans en moyenne (65 % de femmes). Parmi eux : 43 % exerçaient en région parisienne, 37 % en unité de maladies infectieuses et tropicales et/ou en centre de dépistage anonyme et gratuit, et 54 % étaient des médecins généralistes.

« Pour un homme de 30 ans, d'origine sub-saharienne », les praticiens réalisent un interrogatoire et un examen clinique (89 %), une sérologie HIV (92 %), une sérologie Hépatite B [HBsAg (91 %), antiHBs (86 %), antiHBc (83,3 %)], une sérologie Hépatite C (89 %), une sérologie syphilis (69 %), une PCR Chlamydia (29 %), un test tuberculinique (28 %), un examen parasitologique des selles (25 %), une sérologie schistosomiase (21 %), une recherche d'anticorps anti-tétanique (16 %), un examen parasitologique des urines (15 %), une sérologie rougeole (14 %), un test IGRA (pour Interferon Gamma Release Assays) (11 %), et une goutte épaisse à la recherche d'un paludisme (6 %).

Sur les aspects de vaccination, 371 praticiens (généralistes, pédiatres, infectiologues) ont répondu à un autre questionnaire sur leur pratique vis à vis « d'un homme de 35 ans d'origine africaine, sans statut vaccinal connu ».

33 % de ces médecins réalisent un schéma vaccinal complet.
26 % considèrent que les immunisations dans l'enfance sont acquises et poursuivent sur le schéma adulte.
23 % se renseignent via internet pour en savoir plus sur le schéma vaccinal du pays d'origine. 33 % prescrivent des sérologies pré-vaccinales et 17 % des sérologies post vaccinales.

Quand un migrant déclare être à jour dans ses vaccinations, seuls 53 % des praticiens considéraient cette affirmation comme fiable.

Hormis pour le dépistage des infections à VIH, Hépatites B et C, les praticiens français n'ont pas des pratiques homogènes face à un migrant. Le développement de recommandations appropriées parait nécessaire.