EASD : Système de boucle fermée Diabeloop: bonne stabilité lors d’une activité physique

  • Dr Jean-Claude Lemaire

  • JIM Actualités des congrès
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Le traitement du diabétique de type 1 a récemment fait d'énormes progrès avec l'avènement des pompes à insuline, de capteurs permettant la mesure continue du glucose et l'élaboration d'algorithmes de plus en plus convaincants.
Cela étant, il semble que nous soyons maintenant arrivé à une sorte de palier, puisqu'en dépit de ces progrès, les études épidémiologiques montre globalement qu'un bon tiers des diabétiques restent au dessus de 8% d'HbA1c. Une situation qui tient sans doute beaucoup au fait que jusqu'il y a peu, les patients devaient intervenir pour ajuster le débit de relargage de l'insuline aux besoins variables selon les moments de la journée, le rythme des repas et le degré d'activités physiques.

Pour contourner cette difficulté, l'intelligence artificielle est apparue comme une excellente solution pour régler automatiquement le débit de base de la pompe et administrer de façon anticipée la dose d'insuline nécessaire à la couverture des besoins du patient de façon à conserver un niveau glycémique dans la zone physiologique de variation qui s'étend globalement de 0,70 à 1,80 mg/dl.

Beaucoup d'équipes se sont lancées dans l'aventure de la mise au point de ce qui correspond à un pancréas artificiel (minipompe implantée couplée à un capteur de mesure continue de glucose avec un algorithme permettant une adaptation continue des doses d'insuline). En France, c'est le cas notamment de la société Diabeloop dont les premiers résultats de vraie vie obtenus avec le système de boucle fermée hybride (dit aussi boucle semi-fermée) DBLG1 ont été publiés récemment dans The Lancet Digital Health.

Pour mémoire, il s'agit d'une amélioration absolue de près 10 % du temps passé dans la cible glycémique (70-180 mg/dl), soit 69 % versus 59 % lors du traitement par un système classique en boucle ouverte (pompe à insuline externe avec mesure en continu du glucose), la différence correspondant à une augmentation de plus de 2 h/j dans la cible glycémique. Cette amélioration est essentiellement la résultante d'une diminution de 50 % du temps passé en hypoglycémie (
Lors du 55ème congrès de l'European Association for the Study of Diabetes, ont été présentées des données montrant que le profil glycémique sur 24 h et le temps passé dans la cible glycémique étaient similaires que les sujets pratiquent ou non des activités physiques (et ce indépendamment de leur durée et de leur intensité) et que les patients aient ou non informé préalablement le système de leur intention de pratiquer des activités physiques. A noter en particulier que la proportion de temps passé en hypoglycémie n'était pas affectée par la pratique d'activités physiques.
Globalement, ces résultats indiquent donc que le système Diabeloop DBLG1 performe aussi bien lors de la pratique d'activités physiques que lors des périodes sans activités physiques et que l'annonce préalable au système n'est pas nécessaire, le profil glycémique reste sous contrôle sans risque accru d'hypoglycémie.

A noter que le dispositif Diabeloop est actuellement en cours d'évaluation pour le remboursement par la Commission nationale d'évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDIMTS) à la Haute Autorité de santé (HAS).