EASD : Stabilité du contrôle glycémique et pronostic du diabète de type 2

  • Dr Jean-Claude Lemaire

  • JIM Actualités des congrès
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La glyc�mie est certes une constante biologique, mais cela ne veut pas dire qu'elle ne fluctue pas physiologiquement au cours du nycth�m�re ainsi qu'en r�action � diverses circonstances. En r�alit�, on le sait bien, chaque mesure de glyc�mie n'est qu'un instantan� de l'�quilibre glyc�mique alors que la mesure de l'h�moglobine glyqu�e (HbA1c) en est un reflet moyen sur une p�riode de 2 � 3 mois.

Lors de la r�union annuelle de l'European Association for the Study of Diabetes, des investigateurs ont montr� que les sujets ayant une variabilit� �lev�e de l'�quilibre glyc�mique appr�ci� par le taux d'HbA1c couraient un risque deux fois plus �lev� de d�c�s que les sujets dont les taux d'HbA1c restaient stables dans le temps.

Ces r�sultats �manent d'une analyse r�trospective des donn�es de quelque 20 000 diab�tiques de type 2 r�cemment diagnostiqu�s, r�sidant en Ecosse (Tayside & Fife), enr�l�s dans la Scottish Care Information-Diabetes Collaboration et chez lesquels au moins 5 mesures de l'HbA1c avaient �t� effectu�es avant la survenue d'un des 10 �v�nements du crit�re principal d'�valuation, � savoir le classique trio composite des �v�nements cardiovasculaires majeurs (MACE-3 = d�c�s cardiovasculaire, infarctus et AVC isch�mique non mortels), chacun de ses trois composants pris s�par�ment ; mortalit� globale ; insuffisance cardiaque ; r�tinopathie, neuropathie p�riph�rique et pied diab�tiques ; d�faillance r�nale). L'objectif �tait de voir si ind�pendamment du taux moyen d'HbA1c lors du diagnostic et lors du suivi, le pronostic �tait influenc� par la variabilit� de l'�quilibre glyc�mique.

Pour ce faire, les investigateurs ont utilis� un score individuel de variabilit� de l'h�moglobine glyqu�e (HVS) correspondant au pourcentage du nombre de fluctuations de l'HbA1c > 0,5 % par rapport � la mesure pr�c�dente sur l'ensemble des mesures d'HbA1c disponibles pour le patient d'int�r�t.

Ils ont ensuite divis� les patients en 5 groupes selon le niveau de variabilit� ; le groupe le plus faible (0 � 20 %) servant de r�f�rence.

Par rapport � ce groupe, les patients ayant un HVS de plus de 60 % (60 � 80 % et 80 � 100 %) pr�sentaient une augmentation du risque de survenue de la totalit� des �v�nements du crit�re principal.
Par rapport au groupe 0-20 %, les investigateurs rapportent, pour le groupe dont l'HVS �tait le plus �lev� (80-100 %), un risque 2,4 fois plus �lev� de MACE-3, de d�c�s toutes causes et de d�c�s cardiovasculaire. Le risque d'infarctus est multipli� par 2,6 ; le risque d'AVC par 2 ; le risque de d�faillance cardiaque, de neuropathie p�riph�rique et de d�faillance r�nale par 3 ; les risques d'ulc�re du pied et de r�tinopathie sont respectivement 5 et 7 fois plus �lev�s.

Ces r�sultats sont confirm�s apr�s ajustement sur les caract�ristiques de base ainsi que sur le niveau initial d'HbA1c et son niveau moyen ann�e par ann�e. Ce qui signifie donc qu'une variabilit� �lev�e de l'HbA1c est associ�e � un risque accru de mortalit� toutes causes, d'�v�nements cardiovasculaires majeurs et de complications microvasculaires du diab�te, ind�pendamment de l'exposition cumul�e � un taux �lev� d'HbA1c.

En clair, et m�me si la variabilit� est plus �lev� chez les sujets ayant les taux d'HbA1c les plus hauts, des taux d'HbA1c tr�s variables devraient �tre consid�r�s comme un facteur de risque majeur de r�sultats d�favorables, y compris en cas de taux moyens d'HbA1c pas trop �lev�s. Association n'�tant pas causalit�, reste maintenant � d�montrer qu'une r�duction de cette variabilit� conduirait � une r�duction du risque.