Dysthyroïdie et risque cardiaque : quelles associations ?

  • Larsson SC & al.
  • Circ Genom Precis Med
  • 31 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Les études observationnelles ne permettent pas d’établir avec certitude les relations entre deux évènements car elles peinent souvent à écarter l’ensemble des facteurs de confusions potentiels ou l’existence d’une corrélation inverse. C’est notamment le cas concernant les relations entre une fonction thyroïdienne anormale et le pronostic cardiovasculaire. Une analyse par randomisation mendélienne permet de contourner ces difficultés en proposant de comparer des populations présentant un allèle différent d’un même gène exposant à un risque donné.

  • Ainsi, la première étude par randomisation mendélienne tenue sur les liens entre facteurs thyroïdiens et évènements CV a été publiée récemment. Elle montre qu’il existe bien une association causale entre un faible taux de TSH (hyperthyroïdie subclinique) et un risque accru de fibrillation atriale (FA). D’autres associations semblent relier la fonction thyroïdienne et d’autres risques cardiovasculaires, mais ils étaient statistiquement moins probants.

  • En termes cliniques, les patients présentant une hyperthyroïdie subclinique pourraient être candidats à des mesures de prévention concernant les autres facteurs de risque de FA.

Méthodologie

Les chercheurs ont identifié les polymorphismes mononucléotidiques ( single-nucleotide polymorphisms ou SNP) associés à la fonction thyroïdienne à partir de 3 études ayant mené une analyse d’association pangénomique (GWAS) de 72.167 sujets euthyroidiens (TSH et T4 libre), 51.823 sujets en hyperthyroïdie (dont 1.840 cas) et 53.323 sujets en hypothyroïdie (dont 3.340 cas). Ces différents SNP ont été recherchés au sein de cohorte présentant certaines pathologies cardiovasculaires et pour lesquelles des études GWAS ont été menées (UK Biobank, CARDIoGRAMplusC4D, MEGASTROKE, AFGen 2018).

Principaux résultats

  • Une association statistiquement significative apparaissait entre un faible taux de TSH déterminé génétiquement et un risque accru de FA (OR 1,15 [1,11-1,19]) ainsi qu’entre l’hyperthyroïdie et le risque de FA (OR 1,05 [1,03-1,08]).

  • Aucune association n’a été identifiée entre un faible taux de TSH déterminé génétiquement et le risque de coronaropathie ou d’AVC ischémique.

  • Une faible association entre un taux de TSH bas et le risque d’AVC cardioembolique semblait se dessiner mais sa significativité était fragile.

  • Aucune association n’a été mise en évidence entre le taux de T4 libre et le risque ultérieur d’évènements.

Principales limitations

Certains évènements cardiovasculaires étaient trop peu nombreux dans les cohortes afin d’être étudiés dans cette analyse (hémorragies méningées, anévrismes aortiques...).