Dysfonction musculaire liée à la BPCO : les psychotropes en cause?

  • Cabibel V & al.
  • Respir Med
  • 25 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude française, les patients souffrant de BPCO ( B ronchopneumopathie chronique obstructive ) sont souvent traités par des psychotropes, au premier rang desquels les benzodiazépines. Or, elle montre après évaluation de la fonction neuromusculaire que ceux qui reçoivent de telles médications présentent une inhibition accrue de la commande motrice et une excitabilité corticospinale réduite par rapport aux autres, en lien avec l’hypothèse de départ suggérant l’influence directe des psychotropes sur la fonction musculaire périphérique.

BPCO et fonction musculaire

Les dysfonctions musculaires périphériques associées à la BPCO sont fréquentes, avec souvent une atteinte de la force du quadriceps, qui constitue un marqueur prédictif indépendant de la survie des patients. Or, il a été décrit que ce mécanisme n’était pas uniquement lié à un phénomène inflammatoire ou une fonte de la masse musculaire, mais à une altération de la commande motrice. Étant donné la prescription fréquente des psychotropes dans cette pathologie et leur action sur les neurotransmetteurs, il était intéressant d’évaluer leur rôle dans la physiopathologie liée à la BPCO.

Caractérisation du recours aux psychotropes

Dans une première phase de l’étude, des chercheurs français ont analysé rétrospectivement les données de l’évaluation pulmonaire et neuromusculaire de 421 patients qui avaient suivi un programme de réhabilitation pulmonaire de 4 semaines. Ils devaient avoir un diagnostic de BPCO et un rapport VEMS/CVF

Les femmes étaient plus souvent traitées que les hommes, un jeune âge et le fait de vivre seul étant associé au fait de recevoir un psychotrope.

Évaluation de la fonction neuromusculaire selon le recours aux psychotropes

La seconde étape de l’étude a consisté à comparer l’évaluation de la fonction neuromusculaire chez les patients, selon qu’ils recevaient ou non un traitement psychotrope (soit respectivement 25 et 15 patients). Les patients traités avaient une excitabilité corticospinale diminuée par rapport aux autres, ainsi qu’une inhibition intracorticale à courte latence. L’activation volontaire musculaire était également diminuée dans le groupe sous psychotrope, mais la force du quadriceps n’était pas significativement différente entre les deux groupes, sans doute du fait d’une puissance statistique insuffisante.