Dysfonction érectile : que se cache-t-il derrière le rajeunissement de la file active ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Entre 2005 et 2017, un service universitaire spécialisé a observé un rajeunissement des patients reçus pour la première fois pour dysfonction érectile. Si cette file active présentait une diminution progressive du taux de comorbidité avec le temps, elle était aussi plus souvent constituée de fumeurs (actuels ou ancien) et de sujets sédentaires. 

Une démarche de soins en hausse ou une évolution de la prévalence ?

Les auteurs évoquent les efforts de sensibilisation et d’information qui ont été réalisés au cours des vingt dernières années, tant au niveau du grand public que des professionnels de santé. Ceci a pu favoriser à fois la capacité des hommes, même jeunes, à parler de leurs troubles de l’érection, et la vigilance des médecins traitants à interroger leurs patients à ce sujet et à favoriser l’investigation clinique des hommes concernés, étant donné son caractère de marqueur de pathologies vasculaires et cardiométaboliques. Pour autant, l’augmentation de la prévalence du tabagisme et de la sédentarité au sein de la population reçue ne permet pas d’exclure que l’incidence de la maladie ait pu évoluer et soit de fait plus précoce. Pour cela, de nouvelles études, si possible multicentriques, seraient bienvenues.

Principaux résultats 

La file active de patients reçus pour la première fois pour dysfonction érectile dans le service d’urologie milanais était constituée de 1.567 patients présentant une médiane de 51 ans et un score médian de sévérité de la dysfonction érectile IIEF-EF de 14, avec 64% d’entre eux n’ayant jamais été traités par inhibiteur de PDE5 avant la consultation.

La cinétique de l’âge moyen de la cohorte reçu annuellement suit une courbe en J inversé, avec un âge moyen de 55 ans en 2006, de 51 ans en 2013 revenu à 52 ans en 2017. La probabilité que les sujets de moins de 40 ans consultent pour dysfonction érectile était passée de 13,5% à 21,7% entre 2006 et 2017, avec un pic à 29,1% en 2013.

Le score de sévérité IIEF-EF restait inchangé sur la période et le taux de sujets naïfs d’inhibiteurs de PDE5 a suivi une courbe en J pour passer de 66% en 2006 à plus de 90% en 2017.

Enfin, le tabagisme (ancien ou actuel) et la sédentarité étaient plus fréquents en 2017 qu’en 2006 parmi la population reçue (OR 1,19 [1,14-1,23], p