Dysfonction érectile : l’activité physique, aussi efficace que les médicaments

  • Allen MS
  • Nat Rev Urol
  • 1 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Il existe de plus en plus de données décrivant le bénéfice de l’activité physique dans la dysfonction érectile, dont l’ampleur pourrait être voisine des traitements médicamenteux. Une revue parue dans Nature Reviews fait le point et propose quelques pistes pour la prescription de l’exercice physique.

De nombreuses études et méta-analyses ont clairement décrit les liens entre inactivité physique et risque de dysfonction érectile et, à l’inverse, ceux existant entre une activité physique modérée ou élevée et une diminution de ce risque. D’autres travaux ont pu apporter la preuve d’une amélioration de la fonction érectile dans des groupes pratiquant un exercice physique régulier par rapport à des sujets contrôles, avec une amélioration variant de 14 à 86% selon l’étude clinique considérée. Récemment, une revue ombrelle ayant inclus 98 méta-analyses a conclu à une efficacité comparable de l’activité physique et des traitements pharmacologiques, mais associée à une plus grande variabilité.

De la clinique à la physiopathologie

La dysfonction érectile peut reposer sur des causes psychologiques, hormonales ou cardiovasculaires. Elle est sous la dépendance d’un processus hémodynamique (augmentation du débit artériel, vasodilatation) dans laquelle intervient le système parasympathique. Plusieurs médiateurs centraux sont impliqués, et notamment le monoxyde d’azote (NO).

Sur le plan physiopathologique, il est décrit que l’exercice peut améliorer la dysfonction érectile : en effet, elle accroît la production de NO endothéliale via une augmentation de l’expression et de l’activité des NO synthases, elle accroît le débit sanguin et les forces de cisaillements vasculaires qui favorisent la vasodilatation. Par ailleurs, l’exercice physique accroît transitoirement la production de testostérone et il est présumé que, pratiqué régulièrement, il puisse améliorer le taux de testostérone basal. Enfin, le bénéfice de l’activité physique sur les troubles liés au stress, à l’anxiété, à la dépression, ainsi que sur l’estime de soi est connu, et peut participer à améliorer le volet psychologique de la maladie.

Comment prescrire l’activité physique ?

Malgré les données cohérentes de la littérature, aucune recommandation spécifique ne préconise clairement l’activité physique dans le traitement de la dysfonction érectile. L’auteur de cette revue dresse donc une proposition, qui reste toutefois caution à l’adhésion et l’observance du patient, et qui nécessite en conséquence une information et un dialogue suffisants de la part du médecin.

Schématiquement, les sports d’endurance d’intensité modérée offrent un bénéfice vasculaire alors que les exercices en résistance (anaérobie) peuvent aussi accroître la production de testostérone. Les deux types d’exercice peuvent être recommandés. Par ailleurs, les sports de combat sont décrits comme pouvant améliorer l'estime de soi et la gestion du stress, tandis que les sports collectifs diminuent le stress, l'anxiété et la dépression, a fortiori lorsqu’ils sont pratiqués dans des espaces extérieurs naturels. La supervision par un instructeur qualifié est recommandé, notamment pour pratiquer un entraînement en résistance adapté.

Les recommandations de l'OMS peuvent convenir dans ce contexte clinique : deux entraînements intensifs en résistance du corps entier, deux entraînements aérobies d'intensité modérée, et une activité en groupe associant exercices aérobies et anaérobies chaque semaine.

L’efficacité de l’association du sport aux traitements pharmacologiques est méconnue et reste à étudier.