dTPca : une vaccination citoyenne et solidaire

  • 10 sept. 2019

  • Marie Torre
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

La vaccination diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche (dTPca) a l’avantage d’offrir plusieurs niveaux de protection : protection individuelle notamment contre le tétanos qui n’est pas contagieux, protection des personnes les plus fragiles avec la stratégie de cocooning pour éviter la coqueluche chez le nourrisson et protection de groupe contre la poliomyélite, avec comme objectif ultime l’éradication de la maladie. (1,2)

 

Coqueluche, le « chant du coq » n’est pas systématique

Contrairement à une idée reçue, tous les sujets atteints de coqueluche ne font pas une reprise inspiratoire en « chant du coq » après une quinte de toux. (2) Ceci est particulièrement vrai chez les jeunes nourrissons, les adultes et les personnes anciennement vaccinées.

Le diagnostic de coqueluche est souvent méconnu, ce qui favorise la circulation de cette maladie extrêmement contagieuse. Un sujet malade contamine en moyenne 15 à 17 personnes. (2,3)

Les complications peuvent être graves, voire mortelles, notamment chez les nourrissons : entre 2005 et 2014, 59 enfants de moins de 1 an sont décédés de la coqueluche en France, ainsi que 5 personnes de plus de 75 ans. (2) La coqueluche reste la première cause de décès par infection bactérienne chez le nourrisson de moins de 3 mois.

La stratégie de cocooning a pour objectif de protéger indirectement le nourrisson trop jeune pour être vacciné, en vaccinant son entourage direct : parents, grands-parents, personnes en charge de sa garde (nounou, baby-sitter)…

D’autres personnes fragiles sont également à risque de développer une forme grave de coqueluche ou de décompenser une pathologie sous-jacente : les personnes souffrant de pathologies respiratoires chroniques (asthme, BPCO… ), les femmes enceintes ou les personnes immunodéprimées.

L’immunité conférée par la maladie naturelle est d’une dizaine d’années. Passé 10 ans, une injection de rappel est recommandée. Une coqueluche qui survient lors des premiers mois de vie est peu immunisante et les nourrissons doivent être vaccinés selon le calendrier vaccinal.

 

Tétanos, une toxi-infection non-contagieuse et non-éradicable

La bactérie Clostridium tetani à l’origine de la toxine tétanique est commensale du tube digestif des animaux et persiste dans le sol sous forme de spores extrêmement résistants. (2) Trois conséquences : l’éradication du tétanos est impossible, il ne se transmet pas de personne à personne et les patients atteints du tétanos ne développent aucune immunité protectrice. Seule protection possible, la vaccination et ses rappels tout au long de la vie.

 

Diphtérie, une toxi-infection toujours présente sur le territoire

En France métropolitaine, le dernier cas autochtone de diphtérie à Corynebacterium diphtheriae date de 1989. Seuls 20 cas importés ont été signalés entre 2002 et 2017. (2,4) La bactérie C. diphtheriae est transmise de personne à personne alors que C. ulcerans et C. pseudotuberculosis sont des infections zoonotiques. (5) Ainsi, 48 cas de diphtérie à C. ulcerans autochtones ont également été signalés, entraînant 4 décès, principalement chez des sujets âgés, non vaccinés et ayant eu un contact avec des animaux. (2) La seule protection contre cette toxi-infection pour laquelle il n’existe pas d’immunité naturelle reste la vaccination, dirigée contre la toxine. (2,6)

 

Poliomyélite, objectif éradication

En France, le dernier cas de poliomyélite autochtone remonte à 1989 et le dernier cas importé à 1995. (2) L’élimination de la poliomyélite de la région Europe a été prononcée en 2002. Dans le monde, seules certaines zones d’Afrique et de Méditerranée orientale n’ont pas encore réussi à éliminer la poliomyélite. (2,7) Et aujourd’hui, en pleine phase finale d’éradication de la maladie, il est essentiel de maintenir une couverture vaccinale élevée : selon l’OMS, « tant qu’un seul enfant reste infecté, tous les autres, dans tous les pays, risquent de contracter la poliomyélite ».