DT2 : le déclin du débit de filtration glomérulaire sur une courte période pourrait-il permettre d’identifier des sujets à risques majeurs ?

  • Oshima M & al.
  • Diabetologia
  • 13 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • Chez les diabétiques de type 2, une diminution substantielle du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGé) sur 20 mois serait fortement associée à une augmentation du risque futur d’événement rénal ou cardiovasculaire majeur ou de mortalité toute causes confondues de 30%.
  • Ainsi, une relation forte existerait entre la diminution du DFGé et la dégradation de l’état de santé, même après ajustement sur de multiples facteurs de risque.
  • Les auteurs de cette publication suggèrent que le déclin du DFGé pourrait être utilisé chez les diabétiques de type 2 comme facteur pronostique afin d’identifier les individus à haut risque de maladie cardiovasculaire, rénale ou de décès prématuré.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

De précédentes études avaient montré que le déclin du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGé) était associé à un risque de maladie rénale terminale, de maladie cardiovasculaire ou de décès, que ce soit en population générale ou spécifiquement chez des patients souffrant de maladie rénale chronique. En revanche, l’utilisation du déclin du DFGé comme critère prédictif de conséquences cliniques majeures chez les sujets diabétiques n’était pas clairement établi.

Méthodologie

Les analyses portent sur les données des études ADVANCE et ADVANCE-ON. Les données des 4 premiers mois durant lesquels un traitement associant un inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) et un diurétique réduisaient le DFGé étaient exclues. La diminution du DFGé a été évaluée par des modèles linéaires mixtes à partir de mesures réalisées à 4,12 et 24 mois après la randomisation (soit sur une période de 20 mois). Le hazard ratio (HR) d’un critère composite principal d’évaluation incluant les événements rénaux majeurs, les événements macrovasculaires majeurs et la mortalité toutes causes a été évalué sur un suivi moyen de 7,6 ans après la période de 20 mois d’évaluation du déclin du DFGé.

Principaux résultats

Les données de 8.879 participants diabétiques de type 2 ont été analysées : âge moyen 65,6 ans, durée moyenne du diabète 7,8 ans, 58% d’hommes, DFGé moyen de 75 ml/min/1,73met ratio urinaire médian albumine/créatinine de 14 microgramme/mg. La diminution moyenne du DFGé sur l’ensemble de la cohorte était de -0,63 mL/min/1,73m2/an.

Les sujets qui avaient une diminution substantielle du DFGé moyen annuel (inférieur à -1,63 mL/min/1,73m2/an) avaient une augmentation conséquente du risque composite d’événements rénaux majeurs, d’événements macrovasculaires et de décès toutes causes (HR 1,30 [1,17-1,43]) par rapport à ceux dont le DFGé moyen restait stable (entre -1,63 et +0,33 mL/min/1,73m2/an). Sur les 2.221 (25%) participants répondant au critère composite principal d’évaluation durant le suivi, 1,3% avaient eu un événement rénal majeur, 16% un événement macrovasculaire majeur et 16% étaient décédés.

Les personnes identifiées comme ayant une diminution importante du DFGé, étaient plus susceptibles d’être âgées, de ne pas fumer, d’avoir des antécédents de maladie macrovasculaire, des taux d’albuminurie plus élevés et un DFGé plus faible que celles qui avaient un déclin moins prononcé.

Principales limitations

Il s’agit d’analyses post hoc d’études de large envergure.