Dorsalgie : le cartable, coupable idéal ?

  • Yamato TP & al.
  • Br J Sports Med
  • 1 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une revue systématique récente, il n’y a pas d’évidence à considérer que le poids des cartables et des sacs à dos joue un rôle significatif sur la survenue de dorsalgie chez l’enfant ou l’adolescent. Les caractéristiques du sac ou la façon dont l’enfant le porte n’influenceraient pas non plus cette relation. Seules quelques études transversales avancent que la perception du poids du sac par l’enfant serait associée au mal de dos.

  • Cette nouvelle revue de la littérature confirme les conclusions de celles parues auparavant, menées à partir d’études transversales. Elle présente l’intérêt d’avoir inclus 5 études prospectives longitudinales récentes. Les auteurs soulignent toutefois que le faible nombre et la qualité méthodologique limitée de ces dernières doit inciter à interpréter ces conclusions avec précaution, en attendant d’autres études plus robustes.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La prévalence du mal de dos serait comprise entre 11 et 71% chez les 11-17 ans selon les études. Son étiologie est mal connue. Parmi les facteurs incriminés les plus fréquents figurent le port du sac ou du cartable et ses caractéristiques. Les travaux conduits pour l’heure sur le sujet ont eu des conclusions contradictoires. Cela n’a pas empêché différents pays de préconiser des charges maximales pour les écoliers. Une revue incluant les publications les plus récentes, notamment prospectives, permet de faire le point sur les preuves aujourd’hui existantes.

Méthodologie

Les études randomisées, transversales, et longitudinales prospectives parues jusqu’en novembre 2017 ont été recherchées. Les données longitudinales ont été analysées séparément de celles des études transversales afin de mieux identifier un éventuel lien de causalité.

Principaux résultats

  • Parmi les études longitudinales, 1 étude randomisée et 4 études non randomisées ont été identifiées (n=1.743). Il n’était pas possible de pooler les données étant donné l’hétérogénéité des études. Deux d’entre elles ont écarté l’idée d’une relation entre la charge du sac, rapportée au poids de l’enfant, et la survenue de dorsalgie (durées de suivi variables) ; ces deux études étaient de qualité méthodologique modérée. Deux autres ont conclu à un risque associant la perception du poids du sac par l’enfant et le risque de développer une dorsalgie (RR 2,1 [1,1-4,0] et OR 2,2 [1,0-4,8]) ; ces deux études étaient de faible qualité méthodologique. La dernière étude longitudinale ayant évalué les situations que les participants considéraient comme provoquant une dorsalgie a montré qu’aucun d’entre eux ne citait le poids de leur sac.

  • Parallèlement, 63 études transversales se sont alternativement intéressées au poids du cartable (5 à 19% du poids corporel), à la charge transportée (2 à 10 kg), à la durée d'utilisation du cartable (20 à 85 min/jour) ou au type de sac et sa façon de le porter. Parmi celles qui ont eu pour critère principal l’existence d’un épisode de dorsalgie, 29 n'ont pas trouvé d'association significative entre les caractéristiques du sac et la dorsalgie tandis que respectivement 4, 3, 4 et 3 autres études ont respectivement montré une association entre la perception du poids du sac par l'enfant, la durée de port du sac, sa légèreté et la façon de le porter (sur 1 ou 2 épaules) et l’existence d’une dorsalgie.

Principales limitations

Faible nombre d’études rétrospectives, présentant une hétérogénéité et une faible qualité méthodologique.