Données en vie réelle de l’antibiorésistance en France en 2016

  • Opatowski M et al.
  • Epidemiology and Infection
  • 25 juin 2019

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Une étude a évalué l’incidence des infections dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques dans l’ensemble des hôpitaux français au cours de l’année 2016, grâce aux données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).
  • Elle met en évidence un faible taux de résistance global aux antibiotiques (12,3%) et identifie les patients à risque.
  • Le PMSI peut être utilisé pour fournir une estimation nationale des infections liées à des micro-organismes résistants en vie réelle, même si une correction des données s’avère nécessaire pour corriger les codes ICD-10 incohérents ou manquants.

 

 

La très large utilisation des antibiotiques chez l’homme et l’animal au cours du 20e  siècle a conduit à la multiplication des bactéries porteuses de résistances. La prévalence des infections liées à ces bactéries reste élevée partout dans le monde, et elles pourraient bien devenir l’une des principales causes de décès à l’horizon de 2050 en Europe. En France, seules des estimations concernant les infections invasives étaient jusqu’ici disponibles et elles étaient extrapolées à partir des données de seulement 18% des lits hospitaliers. Mais il n’existait pas de données en vie réelle au niveau national.

Une analyse de l’ensemble des séjours hospitaliers liés à une infection en France

L’unité biostatistiques, biomathématiques, pharmacoépidémiologie et maladies infectieuses de l’Université Paris Saclay et la direction de la stratégie des études et des statistiques de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie ont donc entrepris d’évaluer le nombre annuel de patients hospitalisés présentant une infection résistante aux antibiotiques en France à partir des données du PMSI et des codes ICD-10. Toutes les hospitalisations pour infection aiguë liée à un streptocoque, un staphylocoque, une entérobactérie ou à toutes autres bactéries Gram négatif, ont ainsi été identifiées pour l’année 2016 en France métropolitaine.

Les entérobactéries productrices de BLSE et les SARM sont les bactéries les plus souvent incriminées dans les résistances

Au final, 139.105 séjours liés à des infections ont été associés à un germe résistant, représentant un taux de résistance de 12,3%. Les patients infectés par ces germes résistants avaient majoritairement plus de 65 ans (58%) et plus de 20% d’entre eux avaient un index de comorbidité de Charlson >2, alors que ces chiffres étaient respectivement de 52% et 16% pour ceux qui avaient des infections à germes sensibles. Ces infections résistantes étaient aussi associées à des durées d’hospitalisation et à une mortalité intra-hospitalière plus importantes. Les bactéries résistantes les plus couramment isolées étaient les entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre élargi (BLSE, n=49.692, 36%), principalement Escherichia coli (73%) et Klebsiella pneumonie (17%), et les staphylocoques résistants à la méthicilline (SARM, n=19.493, 14%).