Donépézil : attention aux rhabdomyolyses

  • Fleet JL & al.
  • CMAJ
  • 16 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Par rapport à la rivastigmine ou à la galantamine, le donépézil expose les patients à un risque plus élevé d'admission à l'hôpital pour une rhabdomyolyse dans les 30 jours suivant sa prescription. En effet, le risque serait doublé ( odds ratio ajusté ORa : 2,21 [1,52-3,22]).

Des signaux déjà identifiés

Des signaux de sécurité sont apparus il y a quelques années dans les bases de données de pharmacovigilance concernant un risque de rhabdomyolyse liée à l’initiation ou l’augmentation récente de la posologie de donépézil. Ce risque semble spécifique à la molécule plus qu’à sa classe thérapeutique, aucun cas n’ayant été associé à la rivastigmine ou à la galantamine. Cependant, étant donné la fréquence de la prescription du donépézil dans le traitement de la maladie d’Alzheimer, il est important de mieux appréhender le risque associé au traitement et de conforter qu’il ne s’agit pas d’un effet de classe. Pour cela, cette étude de cohorte menée en population a cherché à évaluer si l'initiation du donépézil était associée à un risque plus élevé d’être hospitalisé dans les 30 jours suivants avec une rhabdomyolyse par rapport à celle de la rivastigmine ou de la galantamine. Pour cela, cette étude de cohorte rétrospective basée sur la population canadienne (Ontario) a été menée chez des adultes ambulatoires âgés de 65 ans ou plus initiant un traitement par donépézil, rivastigmine ou galantamine entre 2002 et 2017.

Principaux résultats

  • Au total, 220.353 patients ont été inclus dans l’analyse, dont 152.300 traités par donépézil. Ce dernier était associé à un risque d'hospitalisation avec rhabdomyolyse faible mais supérieur à celui observé sous rivastigmine ou galantamine : on comptait ainsi respectivement 88 et 16 événements, soit un taux de survenue de 0,06% et 0,02% et un OR de 2,21 [1,52 -3,22].
  • Le traitement par donépézil était parallèlement associé à un risque plus élevé d’hospitalisation avec rhabdomyolyse que ceux qui ne recevaient pas de traitement, alors que le risque de ceux sous galantamine ou rivastigmine était équivalent à celui des sujets sans traitement (respectivement ORa de 1,64 [1,13-2,38] et 0,55 [0,30-1,02]).
  • Le fait de recevoir simultanément des statines ne modifiait pas le risque d’hospitalisation avec rhabdomyolyse (ORa 0,79 [0,51-1,21] versus non-utilisateurs de statines).