DMLA néovasculaire : quels patients sont les plus à risque de maintenir une faible acuité visuelle sous traitement ?

  • Nguyen CL & al.
  • Ophthalmology
  • 1 mai 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon les données du registre Fight Retinal Blindness ! (FRB!), les yeux traités par anti-néovasculaire (anti-VEGF) pour une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) humide étaient 22,9% à présenter une perte d’acuité visuelle (PAV) ≥15 lettres, et 10,8% une PAV≥30 lettres, cinq années après l’inclusion.

Ce travail, conduit auprès de 1.760 patients, a également permis d’identifier plusieurs facteurs associés à ces chiffres : les sujets les plus âgés (>80 ans), ceux ayant reçu un faible nombre d’injections et ceux pour lesquels la lésion néovasculaire était plus souvent qualifiée d’active lors des visites de suivi. Ce résultat illustrerait notamment l’impact d’une prise en charge et d’un traitement non optimal. Par ailleurs, la survenue d’un évènement indésirable lié au traitement était aussi plus fréquente parmi les personnes ayant une PAV≥15 lettres.

Les auteurs soulignent que la différence d’incidence de la PAV observée par rapport aux essais cliniques randomisés tient à des facteurs pragmatiques (rythme d’injection en routine généralement plus faible). Ils concluent à l’utilité de telles études afin de mieux déterminer les patients qui tirent le meilleur bénéfice du traitement.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Comme dans d’autres domaines, les connaissances sur l’efficacité des traitements de la DMLA néovasculaire (ou humide) sont majoritairement issues d’essais cliniques randomisés. L’analyse de l’efficacité du traitement et l’identification des facteurs de réponse ou, à l’inverse, de maintien de la PAV doit aussi être conduite en pratique clinique afin de disposer d’une appréciation plus fidèle de l’apport des traitements en routine, comme le propose cette publication.

Méthodologie

Fight Retinal Blindness ! (FRB!) est un registre établi à partir de patients australiens, néozélandais et suisses ayant débuté des injections intravitréennes pour DMLA humide entre janvier 2007 et mars 2012. Les patients ayant présenté et maintenu durant le suivi une PAV 15 lettres par rapport à l’inclusion ont été comparés aux autres (contrôles). Le suivi a été mené durant 5 ans.

Principaux résultats

  • Un total de 1.586 patients et 1.760 yeux ont été inclus dans l’étude avec une acuité visuelle initiale supérieure à 35 lettres. Après cinq années de suivi, les données étaient disponibles pour 856 yeux.
  • La proportion d’yeux ayant présenté une PAV ≥15 lettres à 5 ans était de 22,9% [20,7-25,1%]. Par comparaison aux yeux contrôles, ils avaient présenté la même acuité visuelle à l’inclusion (59,6 vs 59,3 ans, p=0,72). En revanche, l’âge moyen et la fréquence d’une activité de la lésion néovasculaire étaient plus élevés parmi les premiers que parmi les seconds. Durant le suivi, les yeux concernés par une PAV ≥15 lettres avaient plus souvent rencontré des évènements indésirables liés au traitement et une activité de la lésion. Ils avaient moins souvent reçu des injections d’anti-VEGF (nombre moyen d’injections : 25,5 contre 28,0, p=0,004).
  • Les facteurs prédictifs du maintien d’une PAV≥ 15 lettres étaient l’âge > 80 ans (OR 1,33 [1,05–1,69], p=0,02), et l’activité de la lésion néovasculaire (OR 1,97 pour les yeux dans le quartile supérieur vs quartile inférieur [1,39-2,79], p=0,0001). Un nombre total élevé d’injections était un facteur protecteur (OR 0,97 par injection supplémentaire [0,96–0,98], p=0,0005).

Principales limitations

Il s’agissait d’une étude observationnelle dans laquelle les patients n’étaient pas sélectionnés strictement et dont le traitement était réalisé sans référence à un protocole déterminé.

Financement

La mise en place du registre a reçu un soutien financier d’organisations publiques et de firmes pharmaceutiques (Novartis, Bayer).