DMLA : confirmation de la non-infériorité de l’administration du ranibizumab selon la stratégie Treat & Extend à 24 mois

  • Kertes PJ & al.
  • JAMA Ophthalmol
  • 9 janv. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Dans les formes néovasculaires nouvellement diagnostiquées de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), un schéma Treat & Extend (T&E) de ranibizumab permet d’obtenir une acuité visuelle moyenne non inférieure à celle offerte par un schéma traditionnel d’injections mensuelles.

  • Le nombre moyen d’administrations a été significativement réduit, avec une large majorité des sujets du groupe T&E ayant pu espacer à une ou plusieurs reprises le délai entre deux injections.

Les formes néovasculaires de la DMLA imposent un suivi ophtalmologique régulier et un traitement mensuel par ranibizumab. La lourdeur de ce schéma et le coût qui lui est associé ont incité les praticiens à proposer des protocoles dans lesquels les injections peuvent être espacées. Plusieurs études les ont comparés au protocole recommandé par l’AMM, mais aucune n’a été menée prospectivement pour évaluer le pronostic à 24 mois parmi une cohorte significative de patients. CANTREAT conforte les données des études précédentes sur le sujet concernant la faisabilité de l’approche et l’absence d’effets délétères pour le patient.

Plus de 2 patients sur 5 ayant pu atteindre un délai de 12 semaines

Dans cette étude multicentrique prospective, menée en ouvert, des patients atteints de DMLA néovasculaire et naïfs de traitement ont été randomisés entre un groupe conventionnel et un groupe T&E. Tous bénéficiaient d’un suivi comportant un examen ophtalmologique mensuel avec évaluation de la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC), une tomographie en cohérence optique (TCO) trimestrielle et un fond d’oeil annuel. Dans le groupe conventionnel, le traitement par ranizumab était mensuel. Dans le groupe T&E, l’objectif était de diminuer le nombre d’injections et de visites en élargissant l’intervalle initialement mensuel d’administration en l’absence de signe d’activité de la maladie.

Au total, 580 patients ont été randomisés (60,3% de femmes, âge moyen 78,8 ans) et 80,3% d’entre eux ont terminé l'étude (soit 49 et 64 arrêts dans les groupes mensuel et T&E).

Après 24 mois, l'amélioration moyenne de la MAVC n’était pas inférieure dans le bras T&E par rapport au bras de référence, avec une moyenne de 6,8 et 6,0 lettres respectivement (différence, 0,9 [−1,6 à 3,3], p=0,21). Parallèlement, le nombre moyen d’injections était plus faible dans le groupe T&E (17,6 contre 23,5 injections, soit une différence de 5,9 injections sur 2 ans [5,4-6,5], p

L’évolution de la MAVC sur 24 mois semblait globalement similaire dans les deux groupes de traitement. Ainsi, la proportion de ceux qui avaient amélioré leur MAVC de 15 lettres ou plus ou de ceux qui avaient perdu 15 lettres ou plus était comparable avec 25,5% vs 23,1% (p=0,59) et 6,5% vs 5,8% (p= 0,85) dans les groupes T&E et mensuel respectivement. Aucune différence n’a par ailleurs été décrite dans les autres catégories d’amélioration ou d’aggravation de la MAVC.

Sur l’ensemble du suivi, 73,7 % des patients ont pu élargir au moins une fois l’intervalle entre deux injections d’au moins 8 semaines et 43,1 % ont même pu atteindre l’intervalle maximum recommandé de 12 semaines. Ces données, satisfaisantes, doivent être complétées par un suivi à plus long terme.