Diverticulite : pas d’antibiothérapie hâtive

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La diverticulite colique non compliquée évolue souvent favorablement, sans complications. Cependant, une antibiothérapie est fréquemment prescrite, y compris lors d'un premier épisode.
Aujourd'hui, le recours aux antibiotiques doit être le plus raisonné possible. Alors que les études récentes n’ont pu démontrer le bénéfice d’un traitement antibiotique sur le pronostic de nouvelles poussées de diverticulite, une étude néerlandaise s'est penchée sur son intérêt en cas de premier épisode non compliqué.

Méthodologie

  • L'étude DIABOLO (DIverticulitis: AntiBiotics Or cLose Observation?) est une étude randomisée multicentrique, ouverte et pragmatique conduite dans 22 hôpitaux néerlandais entre juin 2010 et octobre 2012.

  • Les patients inclus devaient présenter un premier épisode de diverticulite gauche aiguë non compliquée confirmée par un scanner abdominal dans les 24 heures. Ils ont été randomisés (1:1) entre un traitement antibiotique amoxicilline-acide clavulanique durant 10 jours (dont au moins 48 heures par IV) et une observation clinique (patients hospitalisés ou non, selon les critères cliniques).

  • Les patients ayant reçu des antibiotiques dans les quatre semaines précédents l'admission, ayant eu des antécédents de diverticulite ou une forme avancée (Hinchey>stade 1b, >stade léger) ont été exclus de l'étude.

  • Un nouveau scanner abdominal était réalisé en cas de détérioration clinique. Les patients du groupe sans traitement recevaient une antibiothérapie face à certains symptômes (>39°C, hémoculture positive, sepsis).

  • Critère principal d'évaluation : récupération à 6 mois de suivi (sortie d'hospitalisation, température <38°C, EVA inférieure à 4 sans antalgiques, reprise des activités habituelles).

  • Critères secondaires d'évaluation : jours passés en ambulatoire, taux de réadmission, survenue d'une diverticulite compliquée, récidive, recours à la chirurgie, évènements indésirables graves liés au traitement et décès toutes causes confondues.

Résultats

  • Au total, l'analyse a été conduite sur une cohorte de 528 patients randomisés entre l'observation (n=283) et le traitement antibiotique (n=287). Dans le groupe traité, 94,7% des patients ont suivi la totalité du protocole antibiotique.

  • Le délai moyen avant récupération était de 14 jours pour le groupe contrôle, contre 12 dans le groupe traité. Le hazard ratio ajusté de récupération était de 0,91 (p=0,151).

  • Il n'y avait pas de différences significatives sur les différents critères secondaires d'évaluation entre le groupe ayant bénéficié d'une observation et celui ayant bénéficié d'une antibiothérapie : le taux de complications (3,8% versus 2,6%), les récidives (3,4% versus 3,0%), la nécessité d'une résection sigmoïde (3,8% versus 2,3%), le taux de réadmission (17,6% versus 12,0%), la mortalité toutes causes confondues (1,1% versus 0,4%) et celui d'événements indésirables (48,5% versus 54,5%) étaient similaires.

Limitations

  • Des biais de sélection ont pu survenir étant donné que les taux d'incidence étaient hétérogènes selon les centres.

  • Par ailleurs, il est possible que l'étude ait inclus des patients récidivant après un premier épisode resté non diagnostiqué.

  • Enfin, l'étude n'était pas assez puissante pour apporter des conclusions dans le cadre d'analyses de sous-groupes.

À retenir

L'observation clinique n'est pas inférieure à l'antibiothérapie face à des patients souffrant d'une diverticulite aiguë non compliquée. Deux études rétrospectives récentes vont dans le même sens et suggèrent de réserver les antibiotiques aux cas compliqués ou sévères.