Diversifier ses activités professionnelles

  • Serge Cannasse
  • Editorial
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Les résultats de l’enquête Medscape sur les revenus de complément des médecins libéraux pourraient constituer un motif de surprise. Après tout, parmi les revenus de la population générale, ceux des médecins se situent en moyenne dans les tranches élevées. Pourquoi ont-ils besoin d’en trouver d’autres alors qu’ils manquent manifestement de temps et de disponibilité ? Un des premiers éléments de réponse est que, précisément, il ne s’agit que de moyenne : les disparités de revenus, de temps consacré à l’exercice médical et de façons de le pratiquer sont importantes. Comme l’indiquent certaines réponses à l’enquête, dans un certain nombre de cas, le revenu fourni par l’activité complémentaire est utile pour maintenir un niveau de vie, notamment pendant la retraite. Dans d’autres, le désir de gagner plus est celui qui est mis en avant. Mais il ne concerne au mieux qu’un quart des répondants.

En tout cas, seule une minorité des praticiens interrogés envisagent d’abandonner leur métier. Le plus souvent, l’activité annexe n’est donc pas une tentative de substitut à celui-ci. La plupart des enquêtés déclarent d’ailleurs être satisfaits du choix de leur profession.

Un résultat frappant de l’enquête Medscape est la grande variété des activités complémentaires mentionnées, qu’elles soient liées à la santé ou pas et même s’il y en a de plus prisées que d’autres (permanence des soins, conférencier, immobilier). Il est possible de contester que certaines soient « annexes » : vaccination anti-COVID-19, délivrance de certificats médicaux. Deux praticiens sur cinq invoquent le manque de temps et de flexibilité dans leur travail comme un motif majeur pour limiter leur implication dans une activité complémentaire rémunératrice. Ou pas : il est tout-à-fait possible que certains s’engagent ou souhaitent s’engager dans des occupations bénévoles, qui n’étaient pas le sujet de l’enquête.

En effet, il est légitime de se demander si ces activités complémentaires ne constituent pas avant tout une soupape de sécurité mentale, une façon de ne pas être monopolisé.e par un exercice extrêmement prenant cognitivement et émotionnellement (comme en témoigne amplement le nombre élevé de burn-out dans la profession). C’est ce qu’expriment nombre d’entre eux que la raison pécuniaire soit mise en avant ou non.

Véronique Duqueroy. Enquête : les revenus annexes des médecins français. Medscape, 25 août 2022.