Disponibilité alimentaire à l’horizon 2050

  • Mason-D'Croz D & al.
  • Lancet Planet Health
  • 1 juil. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Dans le cadre d’une transition vers un modèle alimentaire plus sains pour la santé et plus durable pour la planète, une augmentation de la consommation de fruits et de légumes au niveau mondial est souhaitable.
  • Mais même en prenant en compte les scénarii les plus favorables, la production agricole sera vraisemblablement insuffisante pour atteindre les recommandations de l’OMS dans de nombreux pays.
  • Les politiques publiques doivent donc s’adapter pour favoriser la production de fruits et de légumes, minimiser le gaspillage alimentaire sans augmenter les coûts pour le consommateur et éduquer la population à une meilleure alimentation.

 

Nul besoin de le rappeler, la généralisation de l’alimentation de type occidental est à la fois délétère pour la planète et pour la santé humaine ! Dans le cadre d’une transition vers des modes alimentaires plus sains et durables, l’augmentation de la part des fruits et légumes serait bien sûr souhaitable. Mais la production sera-t-elle en mesure de répondre à des besoins plus importants de la population à l’avenir ? Quelle politique pourrait améliorer l’adéquation entre disponibilité des produits agricoles et besoins alimentaires au niveau mondial d’ici 2050 ? Ces questions viennent de faire l’objet d’une publication dans The Lancet Planet Health

Une simulation de la production et de la demande de denrées agricoles pour les prochaines années

Trois scenarii parmi ceux proposés par les Shared Socioeconomic Pathways (SPPs) développés pour l’International Panel on Climate Changeont été utilisés pour englober les évolutions économique et démographique les plus probables d’ici 2050. Puis le modèle IMPACT (International Model for Policy Analysis of Agricultural Commodities and Trade) qui permet de simuler la production et la demande de denrées agricoles nationales et mondiales (158 pays, 62 produits agricoles) dans un cadre biophysique et économique contraint (évolutions technologiques, climatiques, démographiques, consommation des ménages et des politiques publiques, etc.) a été utilisé pour estimer la disponibilité alimentaire nécessaire afin de répondre aux besoins.

Une disponibilité insuffisante en fruits et légumes à l’horizon 2050

Les données montrent que la disponibilité des fruits et légumes a souvent été insuffisante par le passé pour répondre aux besoins correspondant aux apports recommandés (1961-2010). En 1965 par exemple, seuls 29 pays représentant 17% de la population globale avaient accès à des quantités de fruits et légumes au-dessus des apports minimums recommandés par l’OMS (400g/jour/personne).

Cette disponibilité avait augmenté de façon considérable en 2015, puisque c’était alors le cas de 81 pays représentant 55% de la population mondiale. Et en tenant compte des besoins spécifiques liés à l’âge, 40 pays représentant 36% de la population pouvait disposer de ces denrées en quantité suffisante. Cependant les projections pour 2050 indiquent que la croissance économique attendue dans de nombreux pays à faibles revenus ne suffira pas à pourvoir aux besoins minimums recommandés en fruits et légumes. Ainsi, sans tenir compte du gaspillage alimentaire, de 0,8 à 1,9 billions de personnes pourraient vivre avec moins de 400g/jour/personne. Et en conservant la tendance actuelle concernant le gaspillage alimentaire (soit 33%), la disponibilité de ces denrées se situerait au-dessous des recommandations selon l’âge, à peu près partout excepté dans le Pacifique et en Asie du Sud, et concernerait donc environ 1,5 billions de personnes à l’horizon 2050.