Diminution des infections bactériennes sévères des PVVIH


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Le suivi de 25.795 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) durant 7,4 ans montre que les épisodes d'infection bactérienne grave ont diminué sur la période 2006-2015. Les évènements les plus fréquents étaient les pneumonies acquises en communauté (PAC).

  • Le principal facteur de risque de développer une telle infection était la consommation élevée d'alcool ainsi que les comorbidités associées à une altération de la fonction des neutrophiles, comme le diabète ou l’insuffisance rénale chronique.

 

Le risque d’infection bactérienne hors infections sexuellement transmissibles est plus élevé chez les PVVIH que dans le reste de la population et ces épisodes constituent l’une des principales causes d’hospitalisation. Certaines consommations ou comorbidités ont été évoquées comme constituant des facteurs de risque d’infection bactérienne. Des chercheurs ont souhaité évaluer l’incidence de ces évènements sévères en France, à l’heure des traitements antirétroviraux combinés (cART) les plus récents. Pour cela, ils se sont basés sur la Base de données hospitalière française sur l'infection à VIH prospective ANRS CO4-FHDH, qui a été initiée en 1989 dans 126 hôpitaux français.

Entre 30% et 56% de baisse de l'incidence des infections bactériennes sévères

Les données de 25.795 patients infectés par le VIH et pour lesquels on disposait de données sur la consommation d'alcool et de tabac ont été utilisées dans cette analyse avec un suivi médian de 7,4 ans. Au total, 1.414 participants ont développé 1.883 infections bactériennes graves : il s’agissait principalement de PAC (n=1132 dont 248 épisodes récurrents), soit une incidence globale sur toute la période de 10,7 pour 1.000 patient-années. Entre 2006-2009 et 2013-2015, l’incidence a diminué de 46% globalement, soit 56% pour les PAC et 30% pour les autres infections bactériennes graves (analyse multivariée).

Un quart des patients de la cohorte avait été enrôlé avant 1997, un tiers correspondait à des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Par ailleurs, une forte consommation d’alcool, un tabagisme actuel et un recours aux drogues injectables étaient respectivement rapportées chez 5%, 68% et 30% des patients. Sur le plan des comorbidités, 3% de la cohorte avait une pathologie associée à une altération de la fonction des neutrophiles (diabète, IRC et IRC terminale).

Après ajustement, le risque d'infection bactérienne grave était accru par une consommation excessive d'alcool, en particulier lorsqu’elle était supérieure à>80 g/jour (hazard ratio ajusté HRa de 1,3 et 1,6 respectivement), en cas de comorbidités associées à une altération de la fonction des neutrophiles (HRa de 1,2 et de  2,3 en présence dei plusieurs comorbidités), de cancer non classant sida (HRa 2,0). Le tabagisme, un faible IMC, un âge élevé ou une charge virale non contrôlée augmentaient le risque de survenue d’épisode infectieux, alors qu’un taux de CD4 >500/µL réduisait ce risque.