Diminuer le taux de nicotine dans les cigarettes : une fausse bonne idée ?

  • Xavier Bataille

  • JIM Actualités métier
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Paris, le jeudi 10 août 2017 - La semaine passée, l'agence de régulation américaine Food and Drug administration (FDA) a annoncé qu'elle allait mettre sur pied un nouveau « plan complet de régulation » du tabagisme aux Etats-Unis.

L'institution prévoie notamment de reconsidérer le rôle des arômes et d'encourager le développement de « nouveaux produits du tabac » moins dangereux que les cigarettes.

L'organisme a également fait valoir qu'elle comptait entamer un dialogue avec les cigarettiers pour parvenir à une baisse du taux de nicotine dans les cigarettes. « Aux États-Unis 90% des fumeurs ont commencé avant 18 ans, et chaque jour, près de 2 500 jeunes s'initient au tabac. Baisser les taux de nicotine pourrait éviter de rendre dépendantes les générations futures et permettre aux fumeurs accros d'arrêter la cigarette », affirme ainsi la FDA.

Cette mesure est jugée contre-productive et dangereuse par certains, dans notre pays. Ainsi dans les colonnes du Figaro, le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, explique « la FDA fait le contraire de ce qu'il faudrait. Un jeune qui fume sa première cigarette est rapidement pris de nausées car son corps n'est pas habitué à la nicotine. Mais si l'industrie réduit la dose de nicotine, hautement addictive, l'organisme du jeune acceptera plus facilement cette première cigarette ».

D'autres tabacologues évoquent aussi le risque pour les fumeurs déjà dépendants qui risquent de compenser cette réduction de nicotine en "tirant" plus fort et plus vite sur leur cigarette, ce qui les exposerait davantage aux effets délétères de ce produit.

Rappelons que dans cet esprit, les cigarettes « light » (comprenant moins de nicotine et à faible teneur en goudron) qui ont un temps été considérées comme moins dangereuses, sont pointées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis 2006 qui souligne « qu'il n'y a aucun bénéfice sanitaire à attendre des cigarettes légères » par rapport « aux cigarettes ordinaires ».

Les industriels du tabac ont, eux, salué cette idée comme étant un « pas important »…