Difficultés et pistes d’amélioration du traitement de l’insuffisance cardiaque par le médecin généraliste

  • Msadek S & al.
  • Ann Cardiol Angeiol (Paris)
  • 25 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une enquête menée auprès des médecins traitants (MG) de 82 patients hospitalisés pour insuffisance cardiaque chronique (ICC) à l’hôpital de Nanterre montre que le traitement était souvent insuffisant par rapport aux recommandations. À l’issue de l’hospitalisation, l’ajustement posologique nécessaire n’était pas systématique, parce que les patients n’avaient pas revu leur médecin ou pour des raisons qui étaient propres à ce dernier : craintes relatives à certaines classes thérapeutiques, ajustement attendu de la part du spécialiste, manque de clarté des compte-rendus d’hospitalisation…. Autant de pistes d’amélioration qu’il conviendrait d’étudier.

Une étude ancrée dans le territoire

L’étude descriptive, prospective et monocentrique a été menée entre 2014 et 2015 par le service de cardiologie de l’hôpital de Nanterre. La prescription des patients reçus pour ICC avec une fraction d’éjection ventriculaire gauche inférieure à 45% a été analysée et leurs médecins traitants contactés deux mois après la sortie d’hospitalisation lors d’un entretien téléphonique. Les auteurs de l’étude soulignent que leur travail est le reflet d’un territoire où la population de patients est socialement défavorisée.

À retenir

  • L’analyse a inclus 82 patients présentant une ICC (63% d’hommes, âge moyen 76 ans), qui était connue avant l’hospitalisation dans 77% des situations. Les IEC, ARA2 et bêtabloquants étaient prescrits dans 60%, 14% et 67% des cas, avec une posologie optimale respective pour 40, 21 et 57% de ces prescriptions.
  • À l’issue de l’hospitalisation, 82% des patients étaient sous bêtabloquants, 80% sous IEC ou ARA 2 et 89% sous diurétiques. Pour cause de durée d’hospitalisation insuffisante pour atteindre la dose cible, une majorité de patients n’avaient pas pu atteindre les posologies préconisées, soulignant le rôle primordial du MG dans ces situations.
  • Quarante deux MG ont accepté de répondre à l’entretien téléphonique, correspondant à 49 patients. Dans 43% des cas, ils déclaraient que les patients n’étaient pas revenu en consultation, ne permettant pas un ajustement posologique. Pour les autres, la dose cible d’IEC ou ARA2, de bêtabloquants et d’anti-aldostérone était atteinte dans 26, 20 et 8% des cas, et celle de l’association entre bêtabloquant et IEC ou ARA2 dans 14% des cas.
  • Pour la moitié des MG, la non-modification de la posologie était décidée pour bonne tolérance clinique, suggérant une méconnaissance des recommandations. Un quart des MG se sont dits intéressés pour recevoir les nouvelles recommandations de la HAS.
  • Parallèlement, 48% des MG estimaient que l’ajustement posologie relevaient du rôle du cardiologue. Enfin, 29% estimaient manquer d’habitude dans le maniement de ces classes thérapeutiques, avec une crainte fréquente des effets secondaires liés à l’ajustement posologique des bêtabloquants. Dans une perspective d’amélioration, les médecins se disaient en majorité favorables à des compte-rendus d’hospitalisation plus clairs et de consultations menées en alternance avec le spécialiste.