Dialyse : la difélikefaline soulage le prurit associé à l’hémodialyse

  • Steele DJR
  • N Engl J Med
  • 16 janv. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • À 12 semaines, la difélikefaline IV permet d’améliorer l’intensité des démangeaisons et la qualité de vie associée chez les patients hémodialysés souffrant de prurit modéré à sévère.

  • Les données de sécurité montrent principalement des effets secondaires à type de diarrhées, de vomissement et de vertiges, sans signes de dépendance, de dysphorie ou d’hallucinations.

Le prurit touche une majorité de patients hémodialysés, avec des manifestations modérées à sévères pour 20 à 40% d’entre eux, et un impact significatif sur la qualité de vie. La prise en charge de ces démangeaisons reste limitée par la méconnaissance de leur mécanisme d’apparition précis, mais des hypothèses récentes évoquent notamment la dysfonction de certains récepteurs aux opiacés (diminution de l’activation des kappa, augmentation de celle des récepteurs mu). La difélikefaline intraveineuse, un agoniste expérimental des récepteurs kappa des opiacés, a fait la preuve de son intérêt dans une précédente étude de phase 2. Le New England Journal of Medicine publie les données de l’étude de phase 3 (KALM-1).

Une amélioration précoce des démangeaisons

Cet essai multicentrique de phase 3 mené en double aveugle a recruté 378 patients adultes présentant une insuffisance rénale chronique terminale, traités par hémodialyse (3 séances par semaine depuis au moins 3 mois) et présentant un prurit modéré à sévère. Ils ont été randomisés entre un traitement par difélikefaline IV (0,5 μg/kg de poids corporel) et un placebo, administrés trois fois par semaine pendant 12 semaines.

À l’inclusion, les patients (âge moyen 57 ans, 61% d’hommes) présentaient un score moyen d’intensité maximale des démangeaisons dans les 24 heures précédentes (score WI-NRS) de 7,1 et 7,3 (sur une échelle de 0 à 10) dans les groupes traitement et placebo respectivement. À l’issue des 12 semaines, le pourcentage de patients présentant une amélioration d’au moins 3 points de ce score (critère principal) était de 49,1% dans le groupe difélikefaline et de 27,9% dans le groupe placebo (p

Enfin, en termes de tolérance, l’incidence des effets indésirables était de 68,8% et de 62,2% et ceux considérés comme graves chez 25,9 et 21,8% des patients au sein des groupes difélikefaline et placebo respectivement. Les évènements les plus fréquents, et majoritairement légers à modérés, étaient la diarrhée, les étourdissements et les vomissements.