Diagnostic d’hypertension intracrânienne : quel outil utiliser en urgence ?

  • Fernando SM & al.
  • BMJ
  • 24 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette étude a comparé chez des sujets en condition d’urgence, la précision diagnostique de l’hypertension intracrânienne (HTIC) par examen physique, par tomodensitométrie (TDM) cérébrale, par mesure échographique du diamètre de l’enveloppe du nerf optique (DENO) et par détermination de la pression de perfusion cérébrale grâce à l’index de pulsatilité mesuré par Doppler transcrânien. Les résultats montrent que l’examen physique (dilatation pupillaire, posture, diminution du niveau de conscience) ne sont pas suffisants pour diagnostiquer une HTIC. Les signes identifiables à l’imagerie (compression des citernes de la base, ligne médiane) ont une meilleure précision mais ne sont pas disponibles dans tous les centres de prise en charge. L’absence d’une caractéristique clinique à l’examen ne suffit pas à écarter une HTIC. De même, si la présence d’une ligne médiane substantielle peut suggérer une HTIC, son absence ne peut l’écarter. L’échographie DENO est utile mais pas suffisante pour déterminer la présence d’une HTIC. Enfin, les auteurs concluent qu’une forte suspicion doit conduire à une prise en charge en urgence par un centre expert.

Méthodologie

Cette méta-analyse a inclus tous les essais comparant la sensibilité et la spécificité associées au suivi de l’HTIC par examen physique, imagerie ou par tests non invasifs par rapport à des tests invasifs chez des sujets en condition d’urgence. 

Principaux résultats

Au total, 40 études ont été retenues (n=5.123), 71,8% des études ont été publiées depuis 2010 et 90,4% depuis 2000. Parmi les signes physiques, la sensibilité et la spécificité diagnostiques d’une HTIC par dilatation pupillaire sont respectivement de 28,2% et 85,9%, celles liées à la présence de signes moteurs posturaux de 54,3% et 63,6% et celles de la diminution du score de conscience (score de Glasgow ≤8), de 75,8% et 39,9%. 

Parmi les signes identifiables à la TDM cérébrale, la sensibilité et la spécificité diagnostique de la compression des citernes de la base sont respectivement de 85,9% et 61,0%, celles de la présence d’une ligne médiane (quelle qu’elle soit) de 80,9% et 42,7% et celles liées à la présence d’une ligne médiane >10 mm de 20,7% et 89,2%.

Le diagnostic d’HTIC par échographie DENO aurait une aire sous la courbe (valeur poolée) de 0,94 [0,91-0,96], I60,9% et la détermination de l’index de pulsatilité (par Doppler, HTIC ≥20 mmHg ou plus) une aire sous la courbe entre 0,550 et 0,718.

Principales limitations

Les signes cliniques ont été analysés de manière indépendante alors que les cliniciens utilisent souvent une combinaison de plusieurs d’entre eux.