Diabète LADA & diabète de type 2 : comparaison des risques microvasculaires

  • Maddaloni E & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 1 mars 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

À partir de l’étude UKPDS (UK Prospective Diabetes Study), des chercheurs ont évalué le risque de complications microvasculaires à long terme chez des sujets souffrant de diabète LADA (Latent Autoimmune Diabetes in Adults) dont les caractéristiques cliniques, on le sait, diffèrent du diabète de type 2 (DT2). Au cours des 9 premières années de suivi, les patients diabétiques LADA étaient globalement plus jeunes, plus minces et avaient une moindre résistance à l’insuline et une meilleure pression artérielle systolique, mais un contrôle glycémique moins bon que les sujets DT2. Les résultats ont montré que par rapport aux sujets DT2, le moindre contrôle glycémique durant les 9 premières années chez les sujets diabétiques LADA était entièrement responsable du sur-risque de complications micro-vasculaires.

Protocole de l’étude

Les données de suivi sur 30 ans de sujets de l’étude UKPDS ont été analysées en post-hoc. Ainsi, ceux qui avaient des mesures d’auto-anticorps contre le diabète mais qui ne présentaient pas d’évènements microvasculaires à l’inclusion ont été inclus. Les participants chez qui au moins un type d’auto-anticorps contre le diabète était détecté au cours du suivi ont été classés comme ayant un diabète LADA, et les autres comme ayant un DT2. 

Pourquoi ces résultats sont intéressants en pratique ?

Des auto-anticorps spécifiques du diabète sont présents chez 2 à 12% des patients DT2. Ils permettent d’identifier les patients porteurs d’un diabète LADA. Cette étude est la première du genre à évaluer le risque de néphropathie et de rétinopathie dans le temps chez les sujets souffrant de diabète LADA. Leur identification pourrait favoriser une prise en charge adéquate.

Principaux résultats

Sur les 5.028 patients inclus, 11% ont été classés dans le groupe diabète LADA et les autres dans le groupe diabète de type 2. Par rapport aux sujets DT2, ceux ayant un diabète LADA étaient globalement plus jeunes au moment du diagnostic, plus souvent d’origine caucasienne, avec un IMC plus faible, un taux de HDL-c élevé, des taux de cholestérol total et de triglycérides faibles, des résultats HOMA-B et HOMA-IR faible et une HbA1c élevée.

Durant les 17,3 années de suivi (valeur médiane), 21% des sujets ont développé un premier événement microvasculaire (critère composite constitué de la première occurrence d’une insuffisance rénale, du décès suite à une pathologie rénale, de la cécité, de la survenue d’une hémorragie vitreuse ou de la nécessité d’une photocoagulation rétinienne). Les atteintes étaient en immense majorité des rétinopathies, et plus rarement des atteintes rénales. Au total, 15,8 et 14,2/1.000 personnes-années ont eu un premier événement microvasculaire respectivement dans le groupe LADA et DT2. Au cours des 9 premières années de suivi, le risque de survenue de ce critère principal d’évaluation était diminué de 55% par rapport aux patients qui souffraient de DT2. En revanche, le risque était inversé dans les années suivantes, les patients ayant un diabète LADA avaient en effet un risque 25% plus élevé que les sujets DT2 de développer un événement microvasculaire au cours de la 2èmepériode de suivi. Les analyses ont montré qu’une HbA1c moyenne plus élevée chez les diabétiques LADA durant les 9 premières années expliquait entièrement le sur-risque retrouvé durant la deuxième période.