Diabète : l’association fixe insuline glargine/lixisenatide fait-elle mieux que ses constituants pris séparément ?

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Un essais de phase III a évalué l’efficacité et la sécurité du Lixilan (iGlarLixi), une nouvelle association fixe d’un analogue de l’insuline à longue durée d’action, l’insuline glargine (ou iGlar), et d’un agoniste du récepteur GLP-1, le lixisenatide (ou Lixi). Menée chez des diabétiques de type 2 non contrôlés par metformine, associée ou non à un autre antidiabétique oral (ADO), l’étude a comparé les résultats de l’association à ceux de ces mêmes composants, iGlar et Lixi, administrés séparément.

Méthodologie

  • Essais de phase III, randomisée, international, réalisé en ouvert et en groupes parallèles de février 2014 à juin 2015.
  • Pour être inclus les patients devaient avoir un contrôle glycémique insuffisant (HbA1c≥7,0% et ≤10,0%) avec un traitement par metformine, associée ou non à un ADO (sulphonylurée, glinide, cotransporteur sodium-glucose de type 2 ou inhibiteur de la dipeptidyl peptidase 4), mis en place depuis au moins 3 mois.
  • Une période de run-in de 4 semaines permettait d’optimiser la dose de metformine et d’arrêter les autres ADO.
  • Les patients étaient randomisés en trois groupes en ouvert (2 :2 :1) pour recevoir de l’iGlarLixi (n=469), de l’iGlar (n=467) ou du Lixi (n=234) durant 30 semaines.
  • Critère principal : évolution de l’HbA1c à 30 semaines.
  • Critère de sécurité : hypoglycémies symptomatiques et effets indésirables liés aux traitements.

Limitation

  • Cette étude a été sponsorisée par Sanofi.

Résultats

  • 1.170 patients de plus de 18 ans et souffrant de diabète de type 2 ont été inclus. La durée moyenne du diabète était d’environ 9 ans, l’âge moyen de 58 ans et l’IMC d’environ 32 kg/m2.
  • L’association iGlarLixi a permis une réduction plus importante de l’HbA1c  à 30 semainespar rapport à l’inclusion, comparativement à l’IGlar et au Lixi administrés séparément : -1,63%, -1,34% et -0,85% respectivement.
  • Le nombre de sujets ayant atteint une HbA1c cible <7% était plus important dans le groupe iGlarLixi (74%) que dans les groupes iGlar (59%) et Lixi (33%) (pour tous, p<0,0001).
  • Le poids a été réduit sous iGlarLixi (-0,3 kg) et sous Lixi (-2,3 kg) durant la période de suivi et a été augmenté sous iGlar (+ 1,1 kg), avec une différence significative de 1,4 kg entre les groupes iGlarLixi et iGlar (p<0,0001).
  • Le taux d’hypoglycémies symptomatiques documentées (≤70 mg/dL) a été similaire dans les groupes iGlarLixi et iGlar (1,4 et 1,2 par patient-année respectivement) et plus élevé que celui obtenu sous Lixi (0,3 par patient-année).
  • L’iGlarLixi a amélioré le contrôle de la glycémie postprandiale par rapport à iGlar.
  • Les trois traitements ont été bien tolérés. Les troubles digestifs liés au traitement ont été moins nombreux sous iGlarLixi (nausées : 9,6% ; vomissements : 3,2%) que sous Lixi (24% et 6,4% respectivement).
  • La proportion de patients ayant rapporté des effets indésirables graves a été similaire dans les trois groupes de traitement.

À retenir

L’association fixe iGlarLixi a démontré sa supériorité sur iGlar et Lixi administrés séparément pour réduire les taux l’HbA1c à 30 semaines, approchant même la normoglycémie (6,5%). Ce gain d’efficacité a pu être obtenu sans augmenter les hypoglycémies ni le poids des patients comparé à iGlar, et avec moins d’effets indésirables digestifs que ceux observés sous Lixi.