Diabète gestationnel : nouvelles données sur le risque à long terme pour la mère et l’enfant

  • Lowe WL & al.
  • JAMA
  • 11 sept. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’étude HAPO publiée dans la revue JAMA s’est intéressée à l’association entre le diabète gestationnel (DG) et l’adiposité chez l’enfant entre 10 et 14 ans. Les résultats de cette étude montrent que le risque de développer un trouble du métabolisme glucidique dans les 10 à 14 ans post-partum serait augmenté par un facteur supérieur à 3 chez les femmes ayant eu un DG par rapport à celles qui n’avaient pas développé de DG. En revanche, les analyses menées sur l’association entre DG et risque de surpoids/obésité chez l’enfant entre 10 et 14 ans ne se sont pas révélées significatives après ajustement sur l’IMC de la mère durant la grossesse.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Cette étude présente l’avantage d’évaluer le diabète gestationnel selon les critères de l’International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups (IADPSG) adoptés par de nombreuses institutions et sociétés savantes. Ainsi le DG était défini par la présence d’un ou plusieurs critères parmi les suivants : glycémie à jeun ≥92 mg/dL ou ≥180 mg/dL une heure après un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (75g de glucose per os) ou ≥153 mg/dL 2 heures après ce même type de test. 

Méthodologie

L’étude HAPO (Hyperglycemia and Adverse Pregnancy Outcome) est un essai international, multicentrique de large envergure ayant évalué l’association entre le niveau de glycémie durant la grossesse, les conséquences périnatales et la survenue à long terme d’un surpoids ou d’une obésité chez l’enfant.

Principaux résultats

Au total, les données de 4.697 mères (âge moyen 41,7 ans) et 4.832 enfants (âge moyen 11,4 ans, 51,0% de garçons) ont été analysées. La durée moyenne du suivi était de 11,4 ans. Un diabète gestationnel a été identifié chez 14,1% des mères incluses dans l’étude. Et 52,2% d‘entre elles avaient développé un trouble du métabolisme glucidique dans les 10 à 14 ans post-partum contre 20,1% des mères sans diabète gestationnel. Ainsi, le risque de trouble glucidique sur la période de suivi était plus de 3 fois supérieur chez les femmes qui avaient eu un DG (odds ratio (OR) 3,44 [2,85-4,14]).

Parmi les enfants nés de mères ayant eu un DG, 39,5% étaient en surpoids/obèses et 19,1% étaient obèses, contre respectivement 28,6% et 9,9% des enfants nés de mère n’ayant pas eu de DG.

Après ajustement sur l’IMC de la mère durant la grossesse, le risque de surpoids/obésité chez l’enfant bien qu’augmenté entre les enfants nés de mères ayant eu un DG et les autres, perdait sa significativité (OR 1,21 [1,00-1,46]). 

Principales limitations

Il aurait été intéressant de pouvoir connaitre l’IMC de la mère avant la grossesse.