Diabète : évaluation des risques cardiovasculaires majeurs sous metformine versus sulfamides

  • Roumie CL & al.
  • JAMA
  • 19 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez les sujets diabétiques nouvellement traités et développant une altération de la fonction rénale (2), l’utilisation de metformine en monothérapie est associée dans le temps à un risque d’événements cardiovasculaire majeurs (MACE) 20% inférieur à l’utilisation de sulfamide en monothérapie. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Malgré le fait qu’elle      soit recommandée en première ligne de traitement chez les sujets diabétiques, la metformine      est souvent arrêtée chez les patients qui développent une insuffisance rénale. En 2016, la FDA a confirmé la sécurité de l’utilisation de la metformine chez les sujets ayant une fonction rénale faiblement altérée (DFGé 45-60 mL/min/1,73m2) et chez certains patients ayant une fonction rénale modérément altérée (DFGé 30-45 mL/min/1,73m2). En revanche, la metformine est contre-indiquée en cas d’insuffisance rénale sévère (DFGé 2). Ainsi, les résultats présentés ici viennent soutenir la place de la metformine en début d’altération de la fonction rénale.

Méthodologie

Cette étude rétrospective a été menée à partir de données médicales de vétérans américains et du registre national des décès entre 2001 et 2016. Les nouveaux utilisateurs de metformine et de sulfamides entraient dans l’étude lorsque leur fonction rénale s’altérait (débit de filtration glomérulaire estimé 2ou créatinine ≥1,4mg/dL pour les femmes et ≥1,5 mg/dL pour les hommes). Les monothérapies par metformine ou sulfamide étaient considérées comme non     maintenues lorsque le sujet n’était plus sous antidiabétique dans les 90 jours, ou qu’un autre traitement était ajouté ou que le sujet avait switché vers un autre traitement. Les individus inclus ont été suivis depuis la diminution de leur fonction rénale jusqu’à la survenue d’un événement MACE (incluant l’hospitalisation pour insuffisance cardiaque aigue, AVC, accident ischémique transitoire ou décès d’origine cardiovasculaire), de la perte de vue, du décès ou de la fin de l’étude en décembre 2016.      

Principaux résultats

     Au total, les données de 67.749 nouveaux utilisateurs de metformine et 28.976 nouveaux utilisateurs de sulfamides ont été suivis dans cette étude (à l’inclusion : âge médian 70 ans, 98% d’hommes, débit de filtration glomérulaire 55,9 mL/min/1,73m2, HbA1c moyen 6,6%). Les patients sous metformine étaient plus jeunes que ceux sous sulfamide (âge médian 67 vs 71 ans). Le suivi médian était de 1,0 ans sous metformine et de 1,2 ans sous sulfamide.

Durant le suivi,1.048 événements cardiovasculaires majeurs ont été notifiés chez les patients traités par metformine et 1.394 chez ceux traités par sulfamide (soit 23,0/1.000 versus 29,2/1.000 personnes-années). Après ajustement, le risque d’événement MACE était ainsi 20% moins élevé chez les sujets sous monothérapie par metformine vs monothérapie par sulfamide, soit 5,8 événements cardiovasculaires majeurs en moins pour 1.000 personne-années sous metformine. Les analyses distinctes sur les composants du MACE ont montré des résultats similaires avec notamment une diminution des hospitalisations pour cause cardiovasculaire de 13%, des décès d’origine cardiovasculaire de 30% et des IDM, AVC ou décès d’origine cardiovasculaire de 22%.

Principales limitations

Étude rétrospective.