Diabète et dénutrition : faut-il supplémenter ?


  • Nathalie Barrès
  • Lecture critique
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Pourquoi est-ce important ? 

Une étude observationnelle a montré que 48,2% des sujets diabétiques d’âge moyen 80 ans hospitalisés avaient un statut nutritionnel satisfaisant, 18,5% étaient dénutris et 33,1% étaient à risque de dénutrition. La prévalence de la dénutrition chez les sujets diabétiques gériatriques serait de 6,7% et serait associée à un risque de décès hospitalier 2,7 fois plus important, à une augmentation significative de la durée d’hospitalisation et à une diminution des chances de retour à domicile à l’issue de l’hospitalisation.

Les interactions entre nutrition et troubles de la glycémie sont nombreuses. Le diabète peut être la cause et/ou la conséquence de déficits nutritionnels, augmentant le risque de complications micro- et macroangiopathiques, et notamment le pronostic des plaies du pied, l’état nutritionnel influençant le risque d'infection et d’amputation. À titre d’exemple chez les sujets sévèrement dénutris, la cicatrisation ne serait obtenue dans les 6 mois que chez 30,4% des patients contre 79,8% et 86,3% chez les sujets modérément dénutris et non dénutris.

Par ailleurs, les sujets âgés sont plus souvent dénutris lorsqu’ils souffrent de diabète que lorsqu’ils en sont indemnes. Les carences en micronutriments sont rares, cependant au cours du diabète les taux circulants en vitamine D, zinc, magnésium et chrome diminuent. Or ils jouent un rôle sur la sensibilité à l’insuline en intervenant sur la régulation de la sécrétion de l’hormoneet sur sa voie de signalisation.

La carence en vitamine B12 est également plus fréquente en cas de diabète et augmente sous metformine du fait d’un effet de celle-ci sur son absorption. Le rôle aggravant du déficit en vitamine B12 chez les patients traités par metformine est difficile à évaluer. 

Lorsqu’elles surviennent, les carences en vitamine D, zinc et magnésium augmentent le risque cardiovasculaire du fait de la diminution de leurs effets anti-oxydants et de l'action sur la fonction endothéliale. Les carences en vitamine D ont fait l’objet de très nombreuses études chez les diabétiques de type 2, car elles seraient 20% plus importantes chez les diabétiques que chez les non diabétiques. 

Des études observationnelles ont montré des associations entre les déficits de ces micronutriments et la survenue de microangiopathies. Cependant, quel que soit le déficit considéré, les études d’intervention montrent des résultats discordants de l’intérêt d’une supplémentation sur l’évolution et le pronostic du diabète.