Diabète de type 2 : Quelle différence entre une prise en charge ambulatoire standard ou multifactorielle intensive ?

  • Griffin SJ & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 2 déc. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude européenne a évalué, chez des sujets nouvellement diagnostiqués pour diabète de type 2 en soins de primaires, l’impact à 10 ans d’un traitement standard versusune prise en charge multifactorielle intensive. Les résultats montrent qu’il est possible de conserver une diminution durable de la glycémie et des facteurs cardiovasculaires (poids, pression artérielle, cholestérol) déjà obtenue à 5 ans par rapport à l’inclusion avec l’une ou l’autre de ces prises en charge. En revanche, la différence sur ces critères qui était significativement en faveur de la prise en charge multifactorielle à 5 ans, n’est plus significativement différente entre les groupes à 10 ans. La différence de survenue d’évènements cardiovasculaires majeurs est également atténuée, passant de 17% à 13% respectivement à 5 et 10 ans (bien qu’en faveur de la prise en charge multifactorielle, la différence est non significative dans les deux cas). La mortalité toute cause n’était pas non plus significative. 

Protocole de l’étude

L’étude ADDITION-Europe est un essai multicentrique, international (Danemark, Royaume-Uni et Pays-Bas) pragmatique ayant inclus des médecins généralistes qui devaient recruter des patients après dépistage du diabète de type 2 entre 2001 et 2006. Les patients qui le nécessitaient étaient ensuite traités soit par un traitement standard du diabète, soit par une prise en charge intensive multifactorielle. Les résultats de ces deux bras ont été comparés à 5 ans et 10 ans. La publication présentée ici relate les résultats d’une analyse post-hocà 10 ans de suivi.

Principaux résultats

Au total, 343 médecins généralistes ont participé à l’étude. Sur les 3.057 sujets diabétiques nouvellement diagnostiqués, 1.365 du groupe traitement standard du diabète et 1.666 du groupe traitement multifactoriel intensif ont été inclus dans les analyses post-hoc. À l’issue d’une durée moyenne du suivi de 9,6 ans, 85% des sujets avaient une prescription d’antidépresseurs, 78% de statines, 76% un traitement anti-hyperglycémiant (65% metformine et 12% insuline). Entre 5 et 10 ans, les différences entre les deux groupes en ce qui concerne la prise de traitements (hors anti-hypertenseurs agissant sur le système rénine angiotensine et l’aspirine) et les facteurs de risque cardiovasculaires se sont nettement atténuées. 

Les analyses ont révélé que la réduction de l’HbA1c, du poids, de la pression artérielle, du cholestérol obtenue entre 1 et 5 ans était maintenue à 10 ans dans les deux groupes de traitement. En revanche, les différences entre les deux groupes étaient atténuées. 

À 10 ans, sur l’ensemble des sujets, 443 avaient eu un premier événement cardiovasculaire durant le suivi et 465 étaient décédés. Aucune différence significative n’a été notée entre les deux groupes à 10 ans sur le critère composite principal d’évaluation (décès d’origine cardiovasculaire - morbidité cardiovasculaire, incluant l’IDM non-fatal et l’AVC non-fatal – la revascularisation, l’amputation non-traumatique), ni sur la mortalité toutes causes confondues.