Diabète de type 2 : la restriction calorique intermittente peut-elle améliorer le contrôle glycémique ?

  • Brum J & al.
  • Am J Cardiol
  • 4 juil. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude australienne a comparé l’effet d’une restriction calorique intermittente (2 jours/semaine) ou continue chez des diabétiques de type 2 bien contrôlés. Les résultats des deux interventions sont positifs et comparables sur l’HbA1c à 12 mois. Même si les résultats sont comparables en ce qui concerne la perte de poids et l’évolution de la masse grasse/masse maigre, l’équivalence n’a cependant pas pu être démontrée du fait de la variabilité des résultats. Le recours à la restriction intermittente semble représenter une alternative sûre à la restriction calorique continue, même si elle nécessite une adaptation des doses de sulfonylurées et d’insuline, ainsi qu’une surveillance, en particulier en début de traitement.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

La restriction calorique intermittente (RCI), qui se définit par de courtes périodes de forte restriction calorique entrecoupant des périodes plus longues d’une alimentation normale est envisagée comme une stratégie de perte de poids efficace, susceptible de limiter la contrainte dans le temps et donc de favoriser une meilleure acceptabilité. Selon les éléments de la littérature, elle pourrait aider à améliorer le contrôle glycémique chez les sujets atteints de diabète de type 2. Une étude australienne a donc comparé les effets à long terme d’une RCI  à un régime hypocalorique continu chez des diabétiques de type 2.

Méthodologie

Cet essai randomisé de non infériorité a inclus des sujets de 18 ans ou plus atteints de diabète de type 2 et présentant un surpoids ou une obésité (IMC ≥27), mais sans autre comorbidité ni antécédents de chirurgie bariatrique. Ils étaient randomisés en groupes parallèles, l’un suivait une RCI définie par un apport calorique de 500 ou 600 kcal/j durant deux jours de la semaine (non consécutifs le plus souvent), suivie de 5 jours d’une alimentation normale. L’autre suivait une restriction calorique continue (RCC) à 1200 à 1500 kcal/j (30% de protéines, 45% de sucres et 25% de graisses). La restriction calorique était similaire dans les deux groupes. Tous les sujets étaient régulièrement suivis par une diététicienne sur une durée de 12 mois. Les traitements (sulfonylurées et insuline) étaient ajustés à l’apport calorique et les doses de médicaments étaient enregistrées chaque jour (MES, medication effect score).

Résultats

  • 137 sujets atteints de diabète de type 2 ont été inclus dans l’étude, 77 femmes et 60 hommes et 97 ont terminé l’essai. L’âge moyen était de 61 ans, et les valeurs moyennes d’IMC et d’HbA1c respectivement de 36 et de 7,3%. Parmi eux, 70 ont été randomisés dans le groupe RCI et 67 dans le groupe RCC.
  • Entre l’inclusion et la fin du suivi à 12 mois, l’HbA1c moyenne a pu être réduite de façon significative dans les deux groupes (-0,5% dans le groupe  RCC vs -0,3% dans le groupe RCI, p=0,65), avec une différence de 0,2% compatible avec les critères d’équivalence. Les sujets qui présentaient une HbA1c élevée à l’inclusion (>8%) étaient ceux qui bénéficiaient le plus de ces interventions.
  • Le perte de poids à 12 mois s’est montrée significative et similaire dans les deux groupes d’intervention (-5kg dans le groupe RCC contre -6,8kg dans le groupe RCI (p=0,25), sans toutefois atteindre les critères d’équivalence du fait d’une grande variabilité. Pour la plupart des participants, elle intervenait essentiellement au cours des 3 premiers mois, puis se maintenait par la suite. Les différences dans les variations de masse grasse (-0,5kg) et de masse maigre (-1,3kg) étaient voisines, sans que l’équivalence ait pu être démontrée.
  • Les taux de glucose à jeun et de lipides sériques à 12 mois se sont améliorés avec la perte de poids, mais là aussi sans différence entre les deux groupes d’intervention. Enfin, le nombre d’hypo- et hyperglycémies a été similaire dans les deux groupes.

Limitations

Les sujets inclus avaient un diabète bien stabilisé, ce qui limite la portée de ces résultats. L’ajustement des doses de médicament a pu impacter l’évolution observée de l’HbA1c et les mesures de glycémie capillaire ont probablement conduit à sous-estimer les hypoglycémies.