Diabète de type 2 : l’intérêt incertain de l’index de glycation de l’hémoglobine

  • Østergaard HB & al.
  • Diabetes Metab
  • 8 mai 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

L’HbA1c est la mesure de référence pour le suivi du contrôle glycémique chez les sujets diabétiques de type 2. En 2002, l’index de glycation de l’hémoglobine (IGH) a été proposé pour la première fois comme un marqueur potentiel de différences interindividuelles de glycation de l’hémoglobine. L’IGH est déterminé en soustrayant à l’HbA1c mesurée, l’HbA1c prédite par un modèle mathématique à partir des valeurs moyennes de glycémie. Ces résultats montrent que chez les sujets diabétiques de type 2, sans maladie cardiovasculaire préalable, une valeur élevée d’IGH est associée à un risque plus élevé d’avoir un évènement cardiovasculaire, de manière similaire à l’HbA1c. En revanche, comme la détermination de l’IGH et son interprétation sont plus compliquées que pour l’HbA1c, les auteurs indiquent qu’il n’y aurait pas de bénéfice à utiliser l’IGH en pratique clinique.

Pourquoi est-ce important ?

Une sous-étude de l’essai DCCT (Diabetes Control and Complication Trial) a montré une augmentation du risque de rétinopathie et de néphropathie chez des sujets DT1 ayant une valeur d’IGH élevée (donc de forte discordance entre HbA1a mesurée et prédite) ; et une sous-étude de l’essai ACCORD (Action to Control Cardiovascular Risk in Diabetes) a montré qu’un contrôle strict de la glycémie (HbA1c

L’étude présentée ici est la première étude prospective ayant évalué la relation entre l’HbA1c, l’IGH et les évènements cardiovasculaires chez des patients diabétiques de type 2, avec ou sans antécédents de maladie cardiovasculaire.

Principaux résultats

Les patients qui avaient un DT2, ont eu un suivi durant environ 9,6 ans, l’âge moyen était de 60 ans, 70% des individus inclus étaient des hommes, et 69% avaient des antécédents de maladie cardiovasculaire.

Sur les 1.910 patients de l’étude, 19,9% (n=380) ont eu un événement cardiovasculaire (IDM, AVC, occlusion de l’artère rétinienne, insuffisance cardiaque terminale, mort subite ou décès lié à une cause vasculaire) durant la période de suivi et 22,8% (n=436) sont décédés.

L’augmentation de l’IGH d’une unité était associée à une augmentation du risque d’événement cardiovasculaire de 29% (hazard ratio (HR) 1,29 [1,06-1,57]) chez les sujets qui ne présentaient pas de maladie cardiovasculaire initialement. En revanche, aucune relation n’a été mise en évidence entre l’IGH et la présence d’antécédents de maladies cardiovasculaire (HR 0,96 [0,86-1,08]).

Méthodologie

Étude de cohorte comprenant des sujets diabétiques de type 2 ayant été inclus dans l’essai SMART (Second Manifestations of Arterial Disease). Les patients devaient répondre à un questionnaire deux fois par an. Si un événement était rapporté, des examens complémentaires étaient alors réalisés. L’HbA1c et la glycémie à jeun ont été mesurées à l’inclusion chez tous les patients, et le taux de filtration glomérulaire estimé selon la formule MDRD.

Principales limitations

L’HbA1c utilisée pour calculer l’IGH a été déterminée à partir d’une seule mesure de glycémie à jeun.