Diabète de type 2 et insuffisance cardiaque : tout le monde n’est pas logé à la même enseigne…

  • Rosengren A & al.
  • Diabetologia
  • 9 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Par rapport à des individus contrôles, le sur-risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque serait doublé chez les diabétiques de type 2 de moins de 55 ans et ayant un bon contrôle glycérique. Et, il serait multiplié par 4,6 chez les sujets diabétiques du même groupe d’âge ayant un mauvais contrôle glycémique. Cependant, chez les individus de 75 ans et plus, ce risque serait équivalent à celui des sujets du même groupe d’âge sans diabète, pourvu que la glycémie soit bien contrôlée et que le sujet diabétique ne présente pas d’albuminurie.

Quel intérêt en pratique clinique ?

Si les sujets diabétiques de type 2 sont considérés comme étant à risque d’insuffisance cardiaque, il faut bien admettre que les données spécifiques en fonction de l’âge sont peu nombreuses. Il était donc intéressant de mener une étude pour déterminer le sur-risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque de ces individus par rapport à la population générale, en fonction de l’âge, du contrôle glycémique et de la fonction rénale. Ces résultats mettent en exergue les individus les plus à risque d’insuffisance cardiaque, devant bénéficier d’une prévention spécifique.

Méthodologie

Étude suédoise basée sur des informations issues d’un registre national de données recueillies entre 1998 et 2002, et portant sur 266.305 sujets diabétiques de type 2. Ces données ont été comparées à celles d'un groupe contrôle, d'individus sans diabète appariés en sexe et en âge (n=1.323.504) et suivis durant un temps médian de 5,6 ans jusqu’à décembre 2013.

Principaux résultats

L’âge moyen des individus diabétiques de type 2 inclus était de 62,0 ans, et 45,3% étaient des femmes. La durée moyenne de la maladie était de 2,8 ans. Ceux qui avaient les plus fortes valeurs d’HbA1c étaient également plus jeunes et plus souvent fumeurs. Ils présentaient un taux d’albuminurie plus élevé, mais avaient un débit de filtration glomérulaire estimé supérieur et étaient moins souvent traités par statine et antihypertenseurs que les autres. 

Au global, 7,0% (n=18.715) des sujets diabétiques de type 2 et 3,8% (n=50.157) des sujets contrôles ont été hospitalisés pour insuffisance cardiaque durant le suivi moyen de 5,6 ans, soit un taux d’incidence respectivement de 11,9 et 6,2/1.000 personnes-années. 

Par rapport aux sujets contrôles, les hommes et les femmes diabétiques de type 2 de moins de 55 ans avaient un hazard ratio (HR) d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque respectivement de 2,07 [1,73-2,48] et 4,59 [3,50-6,02] après ajustement sur les variables socio-économiques. Chez les moins de 55 ans, le sur-risque augmentait avec l’augmentation de l’HbA1c.

Le jeune âge, le faible contrôle glycémique et la détérioration de la fonction rénale sont trois critères qui ont été associés à une augmentation du sur-risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez les sujets diabétiques de type 2 par rapport aux sujets contrôles. 

Quoi qu’il en soit, les résultats de ces analyses ont montré que les sujets diabétiques de type 2 de 75 ans et plus, sans albuminurie ou ayant un bon contrôle glycémique (HbA1c ≤52 mmol/mol [≤6,9%]) avaient un risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque similaire à celui de sujets contrôles du même groupe d’âge.

Principales limitations

L’insuffisance cardiaque a été filtrée à travers les hospitalisations, excluant ainsi les formes moins sévères d’insuffisance cardiaque, et les données administratives ne permettent pas d’écarter une mauvaise classification des individus.