Diabète de type 1 : un diagnostic avant 10 ans mérite une attention spécifique dans le temps

  • Rawshani A & al.
  • Lancet
  • 11 août 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette étude a suivi pendant dix ans l’évolution de plus de 27.000 sujets diabétiques de type 1 et de 135.00 sujets contrôles. Les résultats montrent que lorsque le diagnostic de diabète de type 1 est porté avant l’âge de 10 ans, les risques de maladie coronarienne et d’infarctus du myocarde (IDM) seraient augmentés par 30 par rapport aux sujets contrôles. Le risque de maladie cardiovasculaire serait encore plus élevé chez les filles qui reçoivent un diagnostic de diabète de type 1 avant l’âge de 10 ans (risque de coronaropathie multiplié par 60 et risque d’IDM multiplié par 90 par rapport aux sujets contrôles). La différence de risque de coronaropathie et d’IDM entre les sujets serait cinq fois plus élevée chez les sujets diagnostiqués avant l’âge de 10 ans par rapport à ceux diagnostiqués entre 26 et 30 ans. 

Un diagnostic avant l’âge de 10 serait associé à une diminution de l’espérance de vie de 17,7 ans pour les femmes et de 14,2 ans pour les hommes, alors qu’elle ne serait diminuée que de 10 ans lorsque le diagnostic est plus tardif. Les auteurs concluent que l’âge du diagnostic est un déterminant important pour les maladies cardiovasculaires et plaide en faveur d’une prise en charge plus précoce et/ou intense de la pression artérielle, des dyslipidémies, du tabagisme, et bien sûr du contrôle glycémique. 

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Les recommandations actuelles sur le diabète de type 1 ne prennent pas en compte l’âge au moment du diagnostic comme facteur de risque cardiovasculaire et de mortalité. D’où tout l’intérêt de cette étude et de ses résultats. 

Méthodologie

Étude de cohorte basée sur un registre national suédois de sujets souffrant de diabète de type 1 (seuls les sujets enregistrés entre janvier 1998 et décembre 2012 ont été considérés). Ces sujets ont été appariés à des sujets contrôles de la population générale. 

Principaux résultats

Au total, 959 sujets diabétiques de type 1 sur 27.195 et 1.501 sujets contrôles sur 135.178 sont décédés au cours du suivi médian de 10 ans. L’âge moyen de la cohorte des sujets diabétiques de type 1 était de 29 ans, et 56% étaient des hommes.

Les analyses ont permis de montrer que par rapport aux sujets contrôles, les sujets qui avaient reçu un diagnostic de diabète de type 1 entre 0 et 10 ans avaient 11 fois plus de risque de développer une maladie cardiovasculaire, 30 fois plus de développer une coronaropathie ou un IDM, presque 13 fois plus de développer une insuffisance cardiaque, et 6 fois plus de développer un AVC. Toujours par rapport aux sujets contrôles, le risque de mortalité toutes causes confondues était augmenté par 4, le risque de mortalité cardiovasculaire par 7 et non cardiovasculaire par presque 4 chez les sujets ayant reçu un diagnostic de diabète de type 1 entre 0 et 10 ans.

Les données correspondantes chez les individus ayant reçu un diagnostic de diabète de type 1 entre 26 et 30 ans montrent (par rapport aux sujets contrôles), que le risque de maladie cardiovasculaire serait augmenté par presque 4, de coronaropathie par 6, d’IDM par près de 6, d’insuffisance cardiaque par 5 et d’AVC par plus de 3. Au sein de cette population, le risque de mortalité toutes causes confondues serait presque 3 fois plus important par rapport aux sujets contrôles, celui de la mortalité cardiovasculaire 3,6 fois plus important et celui de la mortalité non cardiovasculaire 2,8 fois plus important. Ainsi, la différence d’excès de risque serait jusqu’à cinq fois plus élevée lorsque le diagnostic est posé entre 0 et 10 ans versus entre 26 et 30 ans.  

Par ailleurs, il y aurait une vraie différence d’espérance de vie non seulement en fonction de l’âge du diagnostic mais aussi du sexe : un diagnostic porté avant l’âge de 10 ans serait associé à une diminution de l’espérance de vie de 17,7 ans chez les femmes et de 14,2 ans chez les hommes par rapport à la population générale.

Principales limitations

La glycémie des patients et son contrôle avant l’inclusion dans le registre n’étaient pas connus.