Deux avancées majeures pour les patients en état de coma


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Chez un patient en coma, la distinction entre état végétatif et état de conscience minimale est cruciale, engageant le pronostic. Pour l’établir, les cliniciens se heurtent à trois types de difficulté : les critères comportementaux sont peu nombreux et restreints à quelques domaines cognitifs ; environ 15 à 20% des patients diagnostiqués « végétatifs » ont en fait un état de conscience minimal repéré à l’imagerie fonctionnelle ; l’interprétation de chaque critère d’état de conscience fait encore l’objet de débats. 

Dans un travail présenté dans la prestigieuse revue Brain , une équipe française (Institut du cerveau et de la moelle épinière) propose un nouveau signe clinique discriminant entre les deux états cognitifs et facile à rechercher au lit du malade.

Il est basé sur la réponse réflexe de sursaut à un son brusque qui se manifeste par un clignement des paupières. Chez les patients dont l’imagerie montre des activités cérébrales et cognitives très pauvres, ce réflexe persiste quand le son est répété, alors qu’il disparaît chez les patients ayant un état de conscience minimale, comme s’ils étaient capables de le prévoir et de l’anticiper. De plus, la disparition du réflexe de sursaut a une valeur pronostique : il prédit une amélioration de l’état de conscience à 6 mois.

La même équipe a montré dans un travail publié dans la revue Scientific Reports que la stimulation électrique transcrânienne en courant continu (tDCS) du lobe frontal des malades en état de coma pouvait améliorer leur état de conscience. Dans une étude prospective ouverte portant sur 60 patients, 12 d’entre eux ont eu une amélioration clinique et aucun n’a eu d’effets indésirables. Cette amélioration était associée à celle des oscillations et de la communication à longue distance entre les régions préfrontales et pariétales dans les bandes de fréquence thêta-alpha:4-10Hz. De plus, elle était d’autant plus marquée que la stimulation électrique était intense.

Pour les auteurs de ces deux études, il s’agit non seulement de progrès importants, mais aussi de la démonstration du renouveau clinique de la neurologie, ainsi qu’un argument en faveur de l’importance du cortex préfrontal et du réseau fronto-pariétal dans la physiologie de la conscience, conformément à la théorie de l’espace global neuronal développée par Stanislas Dehaene, Jean-Pierre Changeux et Lionel Naccache, qui dirige l’équipe des chercheurs.