Détails de l’efficacité du solriamfétol dans la somnolence diurne liée à l’apnée du sommeil

  • Strollo PJ & al.
  • Chest
  • 21 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude de phase 3, le solriamfétol permet de maintenir une amélioration de la somnolence excessive diurne associée au syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) comparativement à des patients ayant arrêté le traitement et placés sous placebo, pour lesquels la latence d’endormissement et la sévérité de la somnolence s’aggravaient. Chez ces derniers, on ne notait pas d’effet rebond sur les paramètres d’évaluation lié à l’arrêt brutal du traitement par solriamfétol.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La prise en charge du SAOS ne permet pas toujours d’améliorer la somnolence excessive associée. Le solriamfétol est un inhibiteur sélectif de la recapture de la dopamine et de la noradrénaline expérimental qui est développé dans la prise en charge de la narcolepsie ainsi que dans celle de la somnolence diurne associée au SAOS. Dans cette dernière indication, une étude de phase 3 a démontré son efficacité versus placebo sur un suivi de 12 semaines. Dans cette nouvelle étude de phase 3, l’objectif était notamment de comparer le maintien de son bénéfice chez les sujets maintenant le traitement par rapport à ceux l’ayant arrêté.

Méthodologie

  • Cette étude de phase 3 suivait un plan de retrait aléatoire : les patients recrutés présentaient une somnolence excessive associée au SAOS (18-75 ans, sous traitement spécifique ou non, 18-45 kg/m², score de somnolence d’Epworth ESS≥10, temps de latence d’endormissement

  • Tous ont été inclus dans une phase de titration de 2 semaines suivie d’une phase de stabilité durant laquelle la posologie établie était maintenue (75-300 mg/j). Enfin, les sujets répondeurs (définis selon les réponses à l’autoquestionnaire de satisfaction de l’évolution clinique PGIC) ont été randomisés entre le maintien de leur traitement ou le passage à un traitement par placebo durant 2 semaines.

Principaux résultats

  • Au total 174 patients ont été recrutés pour la phase de titration et 124 d’entre eux randomisés dans la dernière phase de l’étude. Les posologies étaient de 75, 150 ou 300 mg pour 14,5%, 41,9% et 43,5% d’entre eux.

  • Dans les deux groupes, avant la randomisation, la latence d’endormissement moyenne (test TME/MWT) était comparable, passant de 12-13 minutes à l’inclusion à 29-31 minutes à la fin de la semaine 4, tandis que la sévérité de la somnolence rapportée par les patients (échelle ESS, score de 0 à 24) passait de 15,3-16 à 5,9-6,4.

  • À l’issue de la période de randomisation (semaine 6), la latence d’endormissement et la sévérité de la somnolence ESS étaient inchangées dans le groupe maintenu sous solriamfétol alors que les patients passés sous placebo présentaient une aggravation de leurs symptômes (latence diminuée de 12,1 minutes, sévérité ESS accrue de 4,5), soit une différence moyenne respective de 11,2 [7,8-14,6] et de -4,6 [-6,4 à -2,8] par rapport au groupe traité.

  • En termes de tolérance, 6 sorties d’étude ont été notifiées durant la phase de titration, aucune ensuite. Les évènements secondaires ont concerné 48,9% des patients durant cette phase et 10,2% des patients durant la phase de stabilité. Ce chiffre était ensuite de 29,0% dans le groupe traité, contre 9,7% dans le groupe placebo après randomisation. Les principaux évènements secondaires étaient les céphalées, la sécheresse buccale, l’insomnie et les nausées durant les deux premières phases (aucun ne dépassant les 10%), et la rhinopharyngite après la randomisation. Aucun effet rebond n’a été observé dans le groupe placé sous placebo après randomisation.

Principales limitations

La durée de l’étude était relativement limitée, et les patients recrutés pouvaient être ou non naïfs d’un traitement de leur SAOS.

Financement

Cette étude a été sponsorisée par Jazz Pharmaceuticals.