DESIR : liens entre produits laitiers faibles en graisses, céramide, dihydrocéramide et diabète de type 2

  • Fumeron F & al.
  • Diabetes Metab
  • 15 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • Le diabète de type 2 (DT2) est multifactoriel et l’impact de la consommation en produits laitiers sur sa survenue reste controversée.
  • L’étude prospective Française D.E.S.I.R. (Données Epidémiologiques sur le Syndrome d’Insulino-Résistance) avait mis en évidence que des taux plasmatiques élevés en céramide et dihydrocéramide étaient associés au DT2 et des taux élevés en dihydrocéramides à la progression vers le DT2 jusqu’à 9 ans avant les premiers symptômes.
  • Les femmes qui consomment le plus de produits laitiers (hors fromages) auraient tendance à avoir de faibles taux plasmatiques de dihydrocéramide par rapport à celles qui en consomment le moins. Ces résultats sont cohérents par rapport à ceux d’autres études indiquant que les produits laitiers (hors fromages) seraient associés à un moindre risque de trouble de la glycémie à jeun et de DT2.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Il est maintenant admis que les sphingolipides et en particulier les dihydrocéramides ont un rôle important dans la lipotoxicité associée aux troubles du métabolisme du glucose et au DT2. Les céramides joueraient un rôle délétère sur l’insulino-résistance. Les mécanismes expliquant les résultats de cette étude ne sont pas très clairs. Les produits laitiers faibles en graisses ont été positivement associés à l’adiponectine qui pourrait activer les céramidases, contribuant ainsi à la dégradation des céramides.

Méthodologie

L’étude D.E.S.I.R. est une étude prospective de cohorte ayant inclus des hommes et des femmes âgées de 30 à 65 ans volontaires et suivis périodiquement tous les 3 ans durant 9 ans. Lors de précédentes études sur les céramides, tous les cas incidents de DT2 et un échantillon aléatoire de l’ensemble des individus (groupe contrôle) avaient été inclus (n=295). Pour les analyses présentées ici, seuls 105 sujets contrôles sans DT2 ont été inclus car le DT2 pouvait être un facteur de confusion.

Principaux résultats

À l'inclusion, les concentrations plasmatiques en dihydrocéramide et céramide étaient similaires chez les hommes et les femmes. Durant le suivi, la consommation de produits laitiers (hors fromages) a été associée aux taux plasmatiques de dihydrocéramide chez les femmes. Ainsi, celles qui consommaient le plus de produits laitiers (hors fromages) avaient les taux de dihydrocéramide significativement plus faibles (p=0,03) que les autres.

Bien qu’une tendance a été notifiée entre une forte consommation de produits laitiers (hors fromages) et de faibles taux plasmatiques en céramide, cette association ne s’est pas révélée significative chez les femmes (p=0,08).

Aucune association n’a été mise en évidence chez les hommes entre la consommation de produits laitiers (hors fromages) et les concentrations de dihydrocéramide ou de céramide. 

Principales limitations

La faible taille de l’échantillon observé constitue une limitation importante.