Désensibilisation orale à l’arachide : entre déception et perspectives

  • Chu DK & al.
  • Lancet
  • 25 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une revue systématique et méta-analyse de la littérature parue dans le Lancet montre que la désensibilisation orale à l’arachide est globalement associée à une augmentation de la fréquence des réactions allergiques, et notamment les plus graves, en comparaison de l’évitement de l’allergène. Aucune distinction n’a pu être faite selon le type de protocole utilisé ou la formulation de désensibilisation étudiée. Les données concernant la qualité de vie étaient parallèlement difficiles à interpréter. Ainsi, ces données suggèrent que si la désensibilisation peut être obtenue (résultats favorables au test de provocation orale), elle ne se traduit en une moindre fréquence des réactions allergiques ou des évènements indésirables.

Les auteurs insistent sur le fait que les doses d’allergènes seuils utilisées dans le cadre des tests de provocation orale sont probablement non optimales et que le protocole oral permet rarement une désensibilisation complète. Selon eux, d’autres mesures de l’efficacité seraient peut être plus intéressantes à utiliser. Par ailleurs, les études cliniques devraient, selon eux, être mieux bâties pour permettre de clarifier la question de la qualité de vie associée à la désensibilisation.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

La dernière revue et méta-analyse menée sur la désensibilisation orale à l’arachide a été conduite en 2012 alors que de nombreux essais cliniques randomisés sur le sujet ont été publiés depuis, et notamment en 2018. Il était intéressant de pooler toutes ces données afin d’obtenir une vision plus précise de la balance bénéfice-risque liée à ces protocoles d’immunothérapie.

Principaux résultats

  • La revue et méta-analyse a permis de rassembler 12 études parues avant décembre 2018, soit 1.041 patients (âge médian : 8,7 ans, 61 % d’hommes) ayant été randomisés entre une immunothérapie orale contre l’arachide et un groupe contrôle (placebo, évitement, immunothérapie sublinguale). L’ensemble était assorti d’un risque de biais faible.

  • Le suivi d’un protocole de désensibilisation orale était associé à de plus fortes chances d’avoir des résultats favorables lors d’un test de provocation orale (12,42 [6,82-22,61], I 2 =0%).

  • Le suivi d’un protocole de désensibilisation orale était associé à un risque relatif accru d’anaphylaxie de 3,12 ([1,76-5,55], I 2 =0%), à une fréquence de l’anaphylaxie accrue (rapport des taux d’incidence 2,72 ([1,57-4,72], I 2 =0%) ainsi qu’une augmentation du recours à l’adrénaline (2,21 [1,27-3,83], I 2 =0%).

  • La fréquence des évènements secondaires sérieux ainsi que des réactions non anaphylactiques était aussi accrue dans le groupe traité.

  • La qualité de vie ne différait pas entre les deux groupes (1,21 [0,87-1,69], I 2 =0%).