Des résultats favorables pour le voxelotor dans la drépanocytose

  • Vichinsky E & al.
  • N Engl J Med
  • 14 juin 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon cet essai de phase 3 américain mené chez des sujets atteints de drépanocytose, une administration quotidienne de voxelotor 1.500 mg durant 24 semaines permet d’augmenter de façon significative le taux d’hémoglobine par rapport à un placebo chez plus de la moitié des patients, indépendamment de la sévérité de l’anémie et de l’usage d’hydroxyurée à l’inclusion. Les marqueurs de l’hémolyse (taux de bilirubine libre et de réticulocytes) sont également réduits de façon rapide et significative et maintenus ensuite sur la durée du traitement. Les épisodes d’aggravation sont également apparus moins fréquents par rapport au placebo. Des résultats à plus long terme, concernant notamment les effets du traitement sur la morbidité et la mortalité, sont maintenant attendus.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

La drépanocytose est causée par une mutation dans le gène de l’hémoglobine (Hb) qui entraîne une polymérisation des molécules d’Hb en situation d’hypoxie donnant aux hématies une forme caractéristique en faucille. Il en résulte une hémolyse, une anémie chronique et une augmentation de la viscosité sanguine qui conduisent à des complications vaso-occlusives, à des dysfonctionnements organiques et même au décès chez nombre de ces patients malgré les traitements existants. Le voxelotor est une nouvelle molécule capable de se fixer sur l’Hb et de stabiliser sa forme oxygénée, inhibant ainsi sa polymérisation. Son efficacité et sa sécurité viennent d’être évaluées dans un essai de phase 3.

Méthodologie 

Cet essai multicentrique a comparé l’efficacité d’une administration orale quotidienne de voxelotor (900mg ou 1.500mg) à celle d’un placebo après 24 semaines de traitement chez des patients souffrant de drépanocytose (quels que soient les variants génotypiques). Le critère principal d’évaluation était le pourcentage de patients répondeurs, c’est-à-dire ayant une augmentation de plus de 1,0g/dL d’hémoglobine à 24 semaines par rapport à l’inclusion.

Résultats 

  • L’étude a inclus 274 patients sur 60 sites différents et 12 pays. La plupart souffraient d’anémie falciforme et environ les deux tiers recevaient des doses d’hydroxyurée stabilisées à l’inclusion.
  • Dans l’analyse en intention de traiter, la réponse au traitement, mesurée par l’augmentation du taux d’Hb par rapport à l’inclusion, a été significativement plus importante dans le groupe voxelotor 1.500mg (51% de patients répondeurs) que dans le groupe placebo (seulement 7%), indépendamment de la présence d’un traitement par hydroxyurée ou de la sévérité de l’anémie à l’inclusion. Un taux de réponse intermédiaire a été obtenu dans le groupe voxelotor 900mg (33%).
  • Les épisodes d’anémie aiguë survenus au cours de l’étude ont aussi été moins fréquents dans les deux groupes du traitement actif par rapport au placebo, avec des taux d’incidence annualisés divisés par 3 dans le groupe voxelotor 1500mg et par 4,5 dans le groupe voxelotor 900mg.
  • Une réduction des marqueurs de l’hémolyse (taux de bilirubine libre, nombre de réticulocytes) a également été observée de façon significative dans le groupe voxelotor 1500mg par rapport au placebo. Ces modifications apparaissaient dès 2 semaines après l’initiation du traitement et se maintenaient ensuite tout au long de la durée du traitement.
  • En revanche, le nombre de crises vaso-occlusives est resté similaire dans les différents groupes de traitement, de même que les effets indésirables de grade 3, la plupart n’étant pas liés au traitement.