Des résidus de pesticides fréquemment trouvés dans les fruits et légumes


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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En France, la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation fait l’objet d’une surveillance annuelle réalisée par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Si l’association Générations Futures s’en félicite, elle regrette néanmoins que les résultats des études menées par cet organisme ne soient pas communiqués au grand public aliment par aliment, que tous les aliments ne soient pas analysés chaque année et que pour un certain nombre d’entre eux, le nombre d’analyses effectuées ne soit pas assez important pour obtenir des données significatives. L’association a donc décidé de reprendre l’ensemble des études de la DGCCRF disponibles de 2012 à 2017 et de ne retenir que celles concernant les végétaux non bio vendus en France et analysés au moins 5 années sur 6 avec un nombre significatif d’échantillons.

Sur ces six années, en moyenne 71,9% des échantillons de fruits et 41,3% des échantillons de légumes contenaient des résidus de pesticides et 2,9% des échantillons de fruits ainsi que 3,4% des échantillons de légumes dépassaient la LMR (limite maximale en résidus autorisée par l’Union européenne).

Les fruits fréquemment contaminés par les résidus de pesticides

Les fruits le plus souvent contaminés étaient la cerise (89% des échantillons), la clémentine/mandarine (88,1%), le raisin (87,3%), le pamplemousse/pomelos (86,3%), les nectarines/pêches (83%), les fraises (82,9%) et les oranges (81,2%). Les moins souvent contaminés étaient les prunes/mirabelles (50,8%), les avocats (27,8%) et les kiwis (25,8%). Parmi les échantillons de fruits, au moins un dépassement de LMR a été observé pour chaque produit. Elle était notamment dépassée chez 9,6% des échantillons d’ananas, 5,2% de ceux de cerises, 4,2% de ceux de kiwis, 4,2% de ceux de pamplemousses/pomelos et 3,9% de ceux de clémentines/mandarines.

Les légumes le plus souvent contaminés étaient le céleri-branche (84,9%), le céleri-rave (82,5%), les herbes fraîches (69,3%), les endives (67,2%) et les laitues (66,5%). Les moins souvent contaminés étaient les betteraves (6,9%), les madères/ignames (3,7%), les asperges (2,1%) et le maïs doux (0,8%). La LMR était dépassée chez 21,5% des échantillons d’herbes fraîches, 15,7% de ceux de céleri-branche, 10,8% de ceux de céleri-rave et 8,8% de ceux de navets. Aucun dépassement de LMR n’a été observé dans les échantillons d’ail, maïs, pastèques et potirons.

Pour compléter ses analyses, l’association a demandé à la DGCCRF de lui communiquer les lieux de production des végétaux analysés en 2018 et 2019, ainsi que le détail des molécules trouvées et le nombre de résidus par échantillons. Sans réponse pour l’instant.

Manger bio n’est pas toujours la solution

L’alimentation bio est-elle l’alternative pour s’épargner la consommation de résidus de pesticides ? Pas vraiment, selon une étude publiée par 60 millions de consommateurs, le magazine édité par l’Institut national de la consommation. Elle a porté sur 130 produits bio appartenant à 14 catégories alimentaires. Aucune trace de pesticides dans les pommes et les bananes bio analysées. Mais certains laits et œufs bio étaient plus contaminés en dioxine et PCB (polychlorobiphényles) que des laits et œufs conventionnels … Les résultats étaient aussi « problématiques » dans les huiles d’olive biologiques (dont certaines contenaient des phtalates, alors qu’aucune huile non bio n’en contenait). Leur production en Tunisie était souvent en cause.

Ces résultats a priori surprenants sont dus au fait que les sols peuvent être contaminés de longue date quand un exploitant décide de passer au bio. Ainsi les PCB, cancérogènes et perturbateurs endocriniens avérés, interdits depuis 1987, y persistent pendant de nombreuses années. De plus, une exploitation bio peut être située à proximité d’une installation polluante.

Le journal révèle enfin que les chips bio recèlent de l’acrylamide, comme les non bio, et que beaucoup de charcuteries biologiques contiennent des nitrites de sodium, cancérogènes.